Formation Hypnose Ericksonienne Paris

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Paris: Le Collège d'Hypnose de Paris assure les Formations en Thérapies Brèves Orientées Solutions, EMDR-IMO, Hypnose Ericksonienne & Kinésithérapie
Mis à jour : il y a 12 min 32 sec

La respiration est le souffle de vie. Jeanne-Marie Jourdren

jeudi 19 avril 2018 - 10:24
Revue Hypnose & Thérapies brèves n°48 JEANNE-MARIE JOURDREN Kinésithérapeute du sport et thérapeute du mouvement en libéral à Lannion. Formatrice à l’Institut français d’hypnose et au collège d’Hypnose et Thérapies intégratives de Paris. LE MOUVEMENT DE LA RESPIRATION EST LA VIE La vie est indissociable de la respiration. Le soin l’est tout autant : la respiration est le lien qui unit le monde intérieur du patient au monde extérieur. Quel que soit le soin effectué, quelle que soit la discipline pratiquée, le soignant devra être attentif à la respiration du patient. La respiration traduit de façon fidèle le rythme du monde intérieur de tout un chacun. Quel que soit le moment de la séance, le thérapeute doit se mettre au rythme pour
se synchroniser au mieux avec son patient. Son observation est un outil fondamental pour le travail en hypnose.

Lors du recueil d’informations la res- piration nous parle tout autant que les mots. Elle rythme les intonations et donne du souffle aux émotions. Souffle court ou soupir, elle est une langue à elle seule. Le thérapeute pour rentrer en communication devra observer puis apprendre à parler cette même langue.

La respiration est le premier mouvement qui nous relie à la vie. Elle est souvent le premier cri attendu, le symbole de la naissance. Le premier VAKOG, ou sensations Visuelles Auditives Kinesthésiques Olfactives et Gustatives, est riche en émotions pour le nouveau-né.
Le mouvement de la respiration est le signe que la vie continue.

A chaque moment de vie, elle se modifie en fonction de nos sensations, nos mouvements et de nos émotions. La respiration s’adapte à chaque instant et à toutes les situations. Elle est la plus fidèle de nos amies, elle ne nous quitte qu’au dernier souffle de vie.

Parfois elle nous trahit : elle peut dévoiler notre monde intérieur à un thérapeute attentionné et observateur. Trahison bien utile car elle permet au thérapeute d’utiliser toutes les caractéristiques de la respiration pour faciliter l’activation des ressources si utiles pour continuer dans le plus grand des conforts sur le chemin de vie.

Tout thérapeute pratiquant l’hypnose doit être spécialiste de ce mouvement de vie qui permet au corps de produire toute l’énergie dont il a besoin.





Retrouvez la formation de Jeanne-Marie Jourdren au CHTIP : "L’hypnose comme thérapie du mouvement. Retrouver le chemin de vie" 

Bouffées de chaleur: apports de l’hypnose. Marc PICARD-DESTELAN
Je travaille sur le problème des bouffées de chaleur dans le cadre d’un établissement de soins pour des personnes souffrant de cancer, en particulier le cancer du sein. En effet, ces soins entraînent fréquemment des modifications hormonales responsables de bouffées de chaleur.
Les 11 principes d'Erickson. Etude synthétique
Abraham HERNÁNDEZ COVARRUBIAS. Article traduit par Gérard FITOUSSI 
Erickson était réputé pour son efficacité thérapeutique et la rapidité avec laquelle il traitait les patients difficiles. C’était sa spécificité et, pour
y parvenir, il n’hésitait pas à utiliser des techniques et des stratégies différentes avec
un style qui lui était propre.Il n’a cependant pas systématisé ses stratégies. 
Note troisième. Selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND
En quelques mots, François Roustang dessine, sans détour, la place singulière que tient le symptôme dans son univers. Tout symptôme en effet y est considéré comme « une isolation, un retranchement du flux de la vie, un arrêt, une mise à l’écart » 
Traumatismes complexes : Adaptation de l'hypnose. Olivier PIEDFORT-MARIN
Les séquelles de traumatismes complexes sont souvent un défi pour la psychothérapie
à bien des égards. Par traumatismes complexes on comprend principalement des événements traumatisants pendant l’enfance et l’adolescence, événements souvent répétés ou réguliers sur de nombreuses années. 
Personne âgée démente et l'hypnose aux urgences. Marie-Laure MOUEZA
En tant que soignante, je me forme au mieux. Actuellement la réponse médicamenteuse est limitée. On ne dispose pas de traitement curatif. Les traitements non médicamenteux apportés par les soignants sont alors d’une grande importance car ils sont souvent les seuls mis en œuvre pour maintenir l’état de santé et d’autonomie des personnes. J’ai donc décidé de me former à l’hypnose. 
La respiration est le souffle de vie. Jeanne-Marie Jourdren
La vie est indissociable de la respiration. Le soin l’est tout autant : la respiration est le lien qui unit le monde intérieur du patient au monde extérieur. Quel que soit le soin effectué, quelle que soit la discipline pratiquée, le soignant devra être attentif à la respiration du patient. La respiration traduit de façon fidèle le rythme du monde intérieur de tout un chacun.

Mouvement de respiration. Concepcion RUANO-SICHI
"C’est toujours le même mouvement, il suffit de se fondre en lui, de s’y absorber. Tenter de revenir. Tenter de passer. Affronter l’écume et la vague. On pourrait croire que c’est un affrontement mais on aurait perdu d’avance. On n’affronte rien. Entrer dans l’océan ne peut pas être l’affronter. On entrera un peu plus loin, on s’accordera à lui. C’est toujours le même mouvement. Dans l’espace physique de la vague. Dans la pensée. C’est ce mouvement-là, exactement. La liberté qu’on prévoit, qu’on entrevoit après la barrière de la vague.
En orthophonie, la respiration. Isabelle HUÉ-DELETTREZ
L’attention à la respiration du patient revêt, pour l’orthophoniste, une importance particulière, que la plainte concerne la voix, l’articulation, la communication bien évidemment, mais aussi dans les autres domaines d’exercice de l’orthophonie tels que le langage écrit, les troubles affectant la logique, les mathématiques, la neurologie... 

Observer et utiliser la respiration. Jean-Michel HÉRIN
Que ce soit dans des domaines aussi variés que l’Anesthésie, l’Hypnose, l’Acupuncture ou l’Art, la respiration est fondamentale. Ce mouvement initial est essentiel puisque, c’est un lieu commun, quand il n’y a pas de respiration, il n’y a pas de vie. De la même manière, ce qui ne bouge pas, ce qui n’est pas dynamique, est figé. Il ne « respire » pas.

Le souffle de vie dans la réadaptation. Jeanne-Marie Jourdren
La respiration est le premier mouvement qui nous attache à la vie : sans ce mouvement, pas d’énergie et pas de vie. Le manque de cette énergie est crucial. Cette énergie est vitale, elle nous remplit de vie. La variation de cette énergie aura des conséquences sur tout notre organisme, sur toutes les fonctions vitales. Lorsqu’elle vient à manquer, le corps met en œuvre mille et une stratégies pour compenser et préserver ce qui est de plus précieux : la vie.

« Ça tombe bien ! » Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 48
Pas vrai ! Mon vélo a de nouveau un pneu crevé, juste maintenant quand je dois aller au cabinet et suis déjà limite avec le temps. 
« Salut ! mais que fais-tu dans le froid de ce matin ? » Ah, ça tombe bien, un ami qui passe au bon moment avec sa bagnole. Je lui demande un passage et réussis à arriver à temps au boulot. 
Laissez advenir...Sophie COHEN
Laissez advenir... Laissez advenir ce qui est... ce qui est là... présent, dans le maintenant à l’intérieur de vous-même... Sentir ce qui est en place à l’intérieur de vous-même... de votre corps... ressentir, oui, comme ça... c’est très bien... Juste res- sentir ce qui est... est-ce que vous sentez les zones fraîches... les zones chaudes ? Sentez-vous ici des tiraillements ? Là des fourmillements ?... 
Cette phobie, une peur de mourir… ou de vivre ? Dr Adrian CHABOCHE
Dans notre exploration des dimensions humaines et de ce qu’elles recèlent de mystérieux aux confins des pathologies, il semble nécessaire à notre pratique de s’autoriser à avoir des regards innovants et neufs sur ce que l’on pense savoir. Nos connaissances, les théories, si elles nécessitent bien qu’on les maîtrise à un moment donné, sont là pour être oubliées. Ou ré-inventées.
Hypnose et danse avec Catherine Contour. Dr Dina ROBERTS
Pour ce numéro, j’ai choisi d’inviter Catherine Contour, dont la pratique artistique et pédagogique a été considérablement influencée par le pas de côté 
qui l’a emmenée vers l’hypnose. A partir d’une formation aux arts décoratifs et à la danse contemporaine, elle enrichit son approche du corps et du mouvement par des pratiques énergétiques. C’est lors d’un stage de Qi gong organisé par Jean Becchio qu’elle découvre par hasard l’hypnose à laquelle elle décide alors de se former et qui prendra peu à peu une place centrale dans son travail. 
Les Grands Entretiens: Jean-Marc Benhaiem par Gérard Fitoussi
Une des premières questions qui me vient à l’esprit est celle qui a mené à la création du premier diplôme universitaire d’hypnose à la Pitié Salpêtrière, lieu hautement symbolique. Peux-tu nous en donner la genèse ? Jean-Marc Benhaiem : Après avoir ouvert une formation à l’hypnose médicale en 1996, je décide en 2000 de proposer à l’Université de la transformer en DU.

Livres en bouche. Jean-Marc Benhaiem
30 jours pour pratiquer l’autohypnose, Pascale Chami, psychologue, Damien du Perron, médecin. J’ai lu le livre et j’ai aimé ! Les deux auteurs de cet ouvrage, aidés par une longue pratique d’hypnothérapeutes, ont décidé de construire des exercices qui sont des réponses à nos problèmes. 
Recherches: Neuroscience of consciousness 2017. Dr Adrian CHABOCHE
Cet article est le fruit d’une initiative conjointe de la Société internationale d’Hypnose et de la Confédération française d’Hypnose et Thérapies brèves (CFHTB). Ces deux sociétés savantes ont réuni des scientifiques du monde entier en marge du Congrès international d’hypnose ayant eu lieu à Paris en août 2015, pour une journée de réflexion autour de la recherche sur l’hypnose.

Hypnoscope Mars 2018 - Actualités Thérapeutiques

mardi 17 avril 2018 - 11:13
Hypnose et kinésithérapie, Théo Chaumeil - Physios Bourgogne Conférence de Théo chaumeil
Jeudi 12 avril 2018 – DIJON
Résumé

Depuis quelques temps, l’hypnose se démocratise parmi les professionnels de santé, que ce soit à l’hôpital ou en secteur libéral. Devant son succès grandissant, certains non-professionnels de santé s’emparent eux-aussi de cet outil et après quelques heures de formation s’autoproclament « hypnothérapeutes ».
Si l’hypnose est à la mode c’est aussi parce que l’actualité scientifique et surtout les neurosciences ont apporté ces dernières années de nombreux éclairages à l’hypnose.
L’objectif de la soirée sera tout d’abord de démystifier l’outil en apportant un regard critique sur son historique, son utilisation et les connaissances actuelles sur le sujet (tout particulièrement sur la douleur).
Nous aborderons ensuite plus spécifiquement la place et l’intérêt de l’hypnose dans une pratique de la kinésithérapie afin de comprendre comment cet outil peut s’intégrer à nos prises en charge, tout en restant dans notre champ de compétence.
Nous verrons finalement que l’hypnose est un outil double : à la fois thérapeutique permettant, entre autre d’agir sur la douleur et aussi un outil de communication qui vous permettra de modifier votre relation avec les patients.
 
Lieu et Date
Jeudi 12 avril 2018

Salle Chambelland (8, rue Olympe de Gouges, 21000 Dijon) – 20h


Hypnose, une pratique répandue dans les hôpitaux - Allo Médecins L’hypnosédation ou contrôle de la douleur par l’hypnose est une pratique médicale désormais implantée dans les hôpitaux. Son champ d’action est très vaste, du traitement de la douleur et du stress à l’amélioration de la tolérance d’une chimiothérapie. Elle est efficace sur les enfants et les personnes âgées.  


Hypnose et chirurgie, des effets bénéfiques incontestables
Jules Cloquet est le premier chirurgien à avoir réalisé la première intervention chirurgicale sous hypnose en 1829. Il a procédé à une mastectomie sous un sommeil magnétique. Ainsi, l’hypnosédation n’est pas vraiment une pratique médicale nouvelle. Elle a juste été oubliée depuis la découverte de l’éther et du chloroforme en 1846. Cependant, elle revient en force depuis les années 1990.
Selon le Dr Eric Fournier, anesthésiste du CHU de Tours et spécialiste de l’hypnose médicale, l’hypnose en chirurgie offre plusieurs avantages. Il s’agit d’un procédé beaucoup moins lourd que l’anesthésie. Une intervention chirurgicale sous hypnose ne requiert pas l’utilisation d’un respirateur. L’hypnosédation évite également les effets secondaires des anesthésiques comme le risque de confusion et d’agitation au réveil.
Preuve de l’efficacité de ce savoir-faire ressuscité, le Pr Ilyess Zemmoura, neurochirurgien au CHU de Tours, a recours à l’hypnose pour des interventions de neurochirurgie éveillée depuis 2011. Cela lui permet de prévenir la dépression des neurones à cause des effets anesthésiques. Chaque année, il réalise 15 à 20 opérations d’ablation de gliomes de bas grade.

Hypnose contre le stress et la douleur, une efficacité avérée
L’hypnosédation n’est pas seulement utilisée en blocs opératoires. Désormais, cette pratique est adoptée dans les unités de pédiatrie. Le contexte hypnotique est mis en place dès l’accueil. Grâce à des mots et des gestes rassurants, le personnel soignant met les enfants en confiance et évite le stress d’un geste douloureux. En effet, ils sont beaucoup plus sensibles à l’hypnose conversationnelle.
Les enfants peuvent en plus apprendre l’autohypnose pour la gestion des douleurs chroniques. Par exemple, des enfants de quatre à cinq ans atteints de leucémie sont initiés à l’hypnose. Ainsi, ces derniers sont capables d’endormir une zone douloureuse et de ne pas écouter une partie de leur corps. Pour les médecins, ils ont un meilleur imaginaire et constituent ainsi de meilleurs candidats à l’hypnose.
En gériatrie, l’hypnose sert également à gérer l’anxiété générée par les soins, même les plus simples. Avec l’hypnose formelle et la transe conversationnelle, les personnes âgées admises dans le service long séjour sont plus coopératives.


DE L’AISANCE A LA NAISSANCE : pratique de l’hypnose en anesthésie obstétricale - Pediatre online Article écrit par le Dr Jean Michel Hérin, anesthésiste à la Clinique Sainte- Anne à Strasbourg
Extraits

On demande souvent quelle est la différence entre des techniques comme la relaxation, la sophrologie, et l’hypnose. La différence fondamentale est que l’état d’hypnose correspond à un état de dissociation. « Vous savez, quand vous conduisez votre voiture et que vous faites un trajet régulier, qui ne vous demande pas de concentration, que vous faites comme automatiquement, comme du travail à la maison par exemple, il vous arrive d’arriver à destination et de n’avoir aucun souvenir du trajet. D’un côté vous avez pensé à vos prochaines vacances, ou bien à votre dernière soirée entre amis, à votre liste de courses … et pourtant, en même temps, de l’autre côté, vous avez conduit, passé les vitesses, débrayé, freiné, vous étiez capable de vous arrêter au feu rouge, d’éviter un piéton traversant brusquement … vous étiez dissociée » …En général il s’agit d’une expérience plutôt agréable, « confortable », accompagnée d’une abolition de la notion du temps écoulé pendant ce moment. Je me demande s’il ne serait pas plus intéressant de remplacer ce paragraphe par le texte à la fin en annexe qui est une induction de transe pour la réalisation d’une péridurale

Pourquoi faire de l’hypnose ?

« L’hypnose commence au moment où s’établit la relation d’écoute, de respect et de prise en compte de la demande des patients » comme le dit J. Zeidan. Faire de l’hypnose tout simplement parce cela apporte du confort et que l’état hypnotique nous met en contact direct avec notre inconscient. Cet inconscient n’a rien à voir avec l’inconscient de Freud, lieu de refoulements. Il s’agit là d’un réservoir de ressource et d’apprentissages, apprentissages individuels mais aussi d’apprentissages socioculturels ; raison pour laquelle, à new York par exemple, les femmes issues de la communauté italienne ou hispanique ne vivent pas et n’expriment pas l’accouchement de la même manière que les « WASP » (white anglosaxon protestant). La future partu riante ( !) peut ainsi aller puiser dans cet inconscient tout ce qui peut lui être utile pour l’accouchement.

Qui peut faire de l’hypnose ?
Toute personne formée : médecin, sage femme, IADE, IBODE, kinésithérapeute et surtout les patientes elles même ! L’état hypnotique est un état physiologique nécessaire à l’homéostasie psychique humain : nous passons par des « phases hypnotiques » régulièrement, ce qui permet à notre inconscient, un peu comme les ordinateurs, de faire les mises à jours et les sauvegardes. En fait tout praticien fait de l’hypnose comme Monsieur Jourdain fait de la prose, nous savons tous chanter mais si nous prenons des cours de solfège et de chant nous chantons mieux.

Quand faire de l’hypnose dans un contexte obstétrical ?
L’anesthésiste pratiquant l’hypnose peut en faire en salle d’accouchement, pendant la pose de péridurale. Il peut aussi en faire pendant un « accouchement par césarienne », et j’insiste sur la terminologie « accouchement par césarienne ». L’hypnose peut être utile lors de manœuvres endo-utérines telles que révision utérine, délivrance artificielle, ainsi qu’en salle de réveil, en post partum et lors du retour à domicile. En fait on peut tout le temps faire appel à l’une ou l’autre des techniques hypnotiques pour se ressourcer, retrouver du confort !

Comment faire de l’hypnose ?
Le principe est simple : désactiver le cerveau gauche, cerveau numérique, scientifique et pragmatique, et activer le cerveau droit, plutôt analogique, artiste et rêveur. On bloque le cerveau gauche en appliquant des techniques telles que fixation de l’attention sur un point précis, la saturation, la confusion. On active les cerveau droit en utilisant un langage métaphorique, des sensations Visuelles, Auditives, Kinesthésiques et Olfactives : le fameux VAKO.

Quelles sont les particularités de l’hypnose en obstétrique ?
La parturiente arrivant en salle de naissance est en transe hypnotique, mais il s’agit d’une « transe négative », « inconfortable ». Le but est de la faire passer rapidement dans une transe agréable. Le médecin anesthésiste, appelé pour une péridurale, prend en charge une patiente inconnue dans un contexte d’urgence algique souvent intense. Il s’agit alors d’installer alors une transe dans les plus brefs délais afin d’effectuer des gestes techniques précis dans les meilleures conditions. La patiente tournant le dos au médecin pendant la pose de la péridurale il est difficile d’observer les signes classiques d’entrée en transe hypnotique. Quand la patiente rentre en transe hypnotique on constate une immobilité, une diminution de la fréquence respiratoire, sur laquelle on peut se baser pour faire du pacing. La fréquence cardiaque maternelle, et éventuellement fœtale, la pression artérielle ont tendance à diminuer. La patiente ne réagit pas lors de la désinfection cutanée (l’antiseptique est «légèrement frais » et non pas « froid »), lors de l’anesthésie locale (« ça peut picoter légèrement » et non « je vous pique »), lors de l’introduction de l’aiguille de Tuohy (« je vous invite à rester bien immobile » plutôt que « ne bougez pas »)… Il est intéressant de noter que les besoins en anesthésiques locaux ont tendance à être moindres chez les patientes bénéficiant de la pose d’une péridurale sous hypnose et que l’on bénéficie d’une meilleure stabilité hémodynamique.

Hypnose et post partum
Le médecin anesthésiste intervient peu en post partum. Cependant l’hypnose est un outil intéressant pour la prise en charge des douleurs après l’accouchement, ainsi que pour les phénomènes liés à l’allaitement.
Hypnose et vomissements gravidiques
Survenant souvent dans un contexte psychologique particulier les vomissement gravidiques ont pu se voir dans certains cas améliorés par la question magique, ou par des métaphores.

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Formation : Hypnose et Douleur - Avril 2018 - Paris

mardi 27 mars 2018 - 13:49
Module de perfectionnement pour les personnes déjà formées à l'hypnose. Dates : 9 au 12 Avril 2018 Ce module est accessible à toute personne déjà formée à l'Hypnose au CHTIP ou dans tout institut de la CFHTB. Les demandes autour du soulagement de la douleur sont les plus importantes auprès des praticiens en hypnose. Nous avons réuni cinq formateurs remarquables qui évoqueront chacun un aspect dont ils ont fait leur spécialité concernant la douleur. 4 jours, 5 praticiens et formateurs nationaux expérimentés, 5 styles différents, 5 aspects fondamentaux de la pratique de l'hypnose pour le soulagement de la douleur. Changement de formateur: Théo Chaumeil remplace Mariline Morcillo Théo Chaumeil, Kinésithérapeute, vous apprendra comment travailler de manière efficace sur la douleur. Les bases neurophysiologiques de la douleur ainsi que l'actualité scientifique seront abordées. Un attention particulière sera portée sur l'explication des mécanismes de la douleur au patient et ce, de manière hypnotique. Vous apprendrez également à évaluer les facteurs psychosociaux (qui entretiennent la douleur) et à les diminuer spécifiquement grâce à certaines techniques d'hypnose.
Intervention : Lundi 9 avril (matin)


Florent Hamon, Infirmier anesthésiste, présentera des techniques de base pour développer l’analgésie, des exercices et fera part de son expérience chez les brûlés en hypnoanalgésie. 
Intervention : Lundi 9 avril (après-midi)

Nazmiye Guler, médecin urgentiste nous parlera de "l'Hypnose tout terrain" : Comment soulager les patients en réalisant des séances d'hypnose quelque soit l'environnement ou le niveau sonore aussi bien aux services d'accueil des urgences, dans l'ambulance en SMUR ou bien au téléphone au centre 15.
Intervention : Mardi 10 avril

Catherine Wolff, Médecin Algologue, nous parlera des douleurs chroniques en pratique.
A l'aide d'exemples concrets tirés de la pratique quotidienne et d'exercices, l'objectif de cet atelier est de développer les compétences pour permettre au patient souffrant de douleur chronique de sortir de sa position figée.
Comment créer et renforcer l'alliance thérapeutique, définir des objectifs clairs, mettre en place une stratégie thérapeutique adaptée à chaque patient, en respectant l'approche Ericksonienne.
Intervention : Mercredi 11 avril
Chantal Wood, Pédiatre Anesthésiste, parlera de fibromyalgie, algodystrophie, de l’accompagnement au bloc opératoire, et de l’hypnose avec les enfants.
Intervention : Jeudi 12 avril


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Durée de la formation
4 jours

Prochaine session: 9 au 12 avril 2018

Prérequis
Etre un professionnel de la santé et du soin et être formé à l’hypnose au CHTIP, UTHyL, à l’IFH ou dans un institut de la CFHTB.

Tarifs
*Elèves et adhérents du CHTIP/ UTHyL: 750€
*Internes/ étudiants : 560€
*Professionnels de santé formés à l’IFH ou dans un institut de la CFHTB: 850€
*Convention de formation continue : 1000€

Lieu de la formation
CISP Maurice Ravel
6 avenue Maurice Ravel
75012 PARIS

Salle Terrasse de Bel-Air (niveau -1)

A noter, les repas ne sont pas inclus dans le prix de la formation. Possibilité de déjeuner sur place (self) à vos frais.

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Hypnose et douleurs neuropathiques. Dr Jean-Pierre Alibeu

jeudi 22 mars 2018 - 16:26
Dr Jean-Pierre Alibeu Anesthésiste-réanimateur. Médecin de la douleur, ancien chef du CETD du CHU de Grenoble Alpes. Hypnothérapeute coordonnateur du DU d’Hypnose médicale de la Faculté de médecine de Grenoble. La douleur chronique neuropathique La douleur chronique est toujours multifactorielle, associant une atteinte réelle ou virtuelle des voies de la nociception à des éléments de fragilité qui font le lit de la chronicisation : traumatismes anciens ou récents, pathologies associées, concomitantes. L’importance de l’anamnèse est au premier plan, elle permet de mettre du sens et ainsi de choisir la stratégie thérapeutique où l’hypnose va trouver sa place et son efficacité dans un projet partagé avec le patient.

Au sein de cet ensemble, les douleurs neuropathiques (DN) ont une place particulière, et plongent bien souvent le patient dans un vécu particulièrement difficile. L’image du corps est atteinte, la détresse du patient souvent importante renforcée par la difficulté à trouver une thérapeutique efficace. La douleur neuropathique correspond à une lésion ou une maladie affectant les voies de la nociception. Sa prévalence est estimée à 7-8 % de la population générale en Europe (5 % pour les douleurs modérées à sévères).

Les étiologies des douleurs neuropathiques sont diverses. Neuropathies périphériques : traumatiques (lésion nerveuse par accident ou chirurgicale, amputation, dilacération), par compression ou étirement (discopathie, syndrome canalaire, cancer), infectieuses (douleur post-zostérienne), radiothérapie, chimiothérapie, pathologie métabolique (diabète, vascularites oblitérantes). Neuropathies par atteinte centrale : lésions médullaires ou plexiques pré-ganglionnaires, accident vasculaire cérébral, neuropathie dégénérative (Parkinson, SLA, SEP).

Les douleurs neuropathiques s’expriment parfois sous la forme d’un syndrome, comme dans le syndrome douloureux régional complexe, ou associées à un syndrome comme la fibromyalgie, qui peut mener à des prises en charge particulièrement complexes. La faible réponse à des traitements lourds et à très long terme justifie l’utilisation de plus en plus fréquente de l’hypnose et de techniques non médicamenteuses, en association initiale avec des thérapeutiques conventionnelles.

Les douleurs neuropathiques semblent favoriser les dérèglements du système végétatif, pouvant expliquer leur fréquente association à des syndromes de l’intestin irritable, des syndromes fibromyalgiques, des vulvodynies, des syndromes de vessie douloureuse, qui sont tous des conséquences d’une hypersensibilisation centrale à la douleur.

Le retentissement affectif et émotionnel propre à la DN est pratiquement constant et responsable d’une altération de la qualité de vie. Les DN ont des répercussions sur les relations sociales. L’outil diagnostique DN4 (DN en quatre questions) a été conçu comme un outil d’hétéro-évaluation. Il nécessite un interrogatoire et un examen clinique. Il a été validé lors d’une large étude multicentrique française (4). Cette évaluation préalable à la définition d’une stratégie est capitale pour établir un plan thérapeutique avec l’hypnose.

Il n’est pas toujours facile pour les patients de comprendre et de décrire la douleur neuropathique et les symptômes associés surtout s’ils ne sont pas repérés par les soignants. Sans explication, la douleur est parfois interprétée comme dangereuse menant à des stratégies qui augmentent le handicap. Des explications précoces peuvent en réduire l’impact.


La clinique : intérêt pour la prise en charge en hypnose
Les douleurs neuropathiques présentent des caractéristiques sensorielles multiples qui caractérisent des patients avec des symptômes différents. Le repérage de phénotypes distincts selon le profil sensoriel permet de proposer une approche en fonction de ce profil et non pas de l’étiologie.
Une évaluation clinique chez 233 patients a été réalisée par Ralph Baron & al. en 2016 (1) en utilisant le « Quantitative Sensory Testing » pour les sous-grouper selon leur profil sensoriel. Trois sous-groupes ont pu être identifiés :
- Sous-groupe 1 : perte sensorielle (42 %) en lien avec des sensations paradoxales de chaleur.
- Sous-groupe 2 : hyperalgésie thermique (33 %) : préservation des fonctions sensorielles, hyperalgésie au chaud et au froid.
- Sous-groupe 3 : hyperalgésie mécanique (24 %) : hyperalgésie à la piqûre.
Ces caractéristiques sont indépendantes de l’étiologie. La physiologie est le critère à prendre en compte pour proposer une approche basée sur les mécanismes de la douleur. C’est ce qui est capital de considérer en hypnose, car on ne traite pas une maladie mais une clinique.
Les cibles de l’hypnose : les réseaux
De nombreuses régions du cerveau sont concernées par l’hypnose comme l’ont montré de nombreux auteurs, avec des résultats parfois discordants. Les plus importantes à considérer sont les réseaux qui régissent l’équilibre entre le monde extérieur (réseau exécutif), la conscience de soi (réseau défaut), et la nociception.
La douleur est le produit d’une série de mécanismes qui modulent l’information à partir d’un dommage physique à de multiples endroits et niveaux, incluant la périphérie, la moelle épinière et des structures supra-spinales comme le thalamus, le cortex sensitif (localisation, intensité, qualité sensorielle), l’insula, le cortex cingulaire antérieur (contexte affectivo-émotionnel), le cortex préfrontal. Les suggestions analgésiques en hypnose peuvent réduire les processus inflammatoires associés à une brûlure ou une hypersensibilité périphérique à la douleur ; un effet est aussi retrouvé au niveau des réflexes spinaux (en dehors du champ de conscience).

Une suggestion de « lâcher prise » est associée à une diminution de l’activité frontale, alors qu’une suggestion d’analgésie accroît cette activité comme si le réseau exécutif était engagé à supprimer l’expérience de la douleur.
Les facteurs psychologiques qui jouent un rôle dans la réponse à l’hypnose sont l’hypnotisabilité, les attentes, la capacité à l’absorption et l’imagination, la motivation, et la position au regard de l’hypnose.

En dehors de l’hypnose, les sujets faiblement hypnotisables recrutent plus le cortex pariétal et les régions cingulaires antérieures dans les conditions d’attention sélective, suggérant une meilleure détection et mise en œuvre des conflits. En outre, chez les sujets très hypnotisables cette région est mieux connectée au « réseau défaut », suggérant un dialogue étroit entre les processus externes et internes, ce qui permet une grande flexibilité de l’attention et sous-tend une grande habileté à dissocier.


En automne. L'Edito de Sophie Cohen
C’est l’automne et nous nous retrouvons avec les joies de cette saison. Déguster des champignons, s’installer à côté d’un feu de cheminée, être avec un(e) ami(e), apprécier les journées de l’été indien, flâner dans les bois, regarder un film, aller voir une exposition, écouter ici et là un conférencier… lire la Revue, celle-ci, une autre, tout est possible ! 
Comment devient-on thérapeute ? Dr Dominique Megglé
Un jour, un professionnel demande à Erickson : « D’accord, ce que vous faites, ça marche, mais tous ces trucs invraisemblables que vous demandez à vos patients de faire, est-ce que c’est encore de la psychothérapie, est-ce que c’est une authentique activité de soins ? » Erickson lui répond : « Oui, mais personne n’est absolument obligé de le savoir, ni le patient ni le thérapeute. » 

Le corps : guide et mémoire. Mady Faucoup Gatineau
Avec l’HTSMA, j’ai trouvé une manière vivante de travailler qui intègre chacun des courants de la Thérapie brève. Ce qui m’a amenée à m’inscrire dans cette pratique, c’est la construction d’un « être ensemble » dans la perspective d’une approche interactionnelle du vivant. A partir de cette base, le thérapeute va mettre en scène ce qui apparaît dans la thérapie, par la triangulation : en externalisant grâce à l’imaginaire partagé (souvenirs, sensations, images sensorielles) la problématique de la relation (à soi, au monde, à l’autre). 
[L’hypnose en prison. Dr Pascal Vesproumis]url:
https://www.hypnose-ericksonienne.org/L-hypnose-en-prison-Dr-Pascal-Vesproumis_a921.html
La reconquête de la liberté du corps et de la pensée face aux toxiques. A propos d’hypnose et de réduction des risques... Il n’y a ni lieu ni moments privilégiés pour arrêter de fumer du tabac, du cannabis, pour arrêter de consommer de la cocaïne, de l’héroïne, pour arrêter de boire de l’alcool, pour s’éloigner des amphétamines, du LSD, des champignons hallucinogènes, pour cesser le mésusage médicamenteux. 
Note Deuxième Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier-Beaufond
Ainsi fait suite à notre Première Note évoquant l’Harmonie comme socle de la pensée de François Roustang, la notion essentielle de Correspondances. L’être humain n’existe pas, insiste notre auteur, sans son contexte. Plongé dans un tissu constitué d’une multitude de relations entre tous les éléments qui composent son existence, chaque être fait exister ces éléments qui l’entourent tout comme ces derniers le font exister. 
Sortir du tunnel de la douleur. Dr Francine Zonens
Lorsque Sophie Cohen m’a proposé de diriger ce dossier thématique, j’ai tout de suite été très intéressée. Montrer la diversité des situations où l’hypnose intervient de façon directe ou indirecte au travers de séances et de la communication thérapeutique est un enjeu majeur pour une professionnelle que je suis qui utilise cette approche depuis plus de dix ans. 
Douleur, littérature et ressources hypnotiques. Anita Violon
« La douleur est infinie, la joie a des limites », Balzac. On dit que les grandes douleurs sont muettes. Rien de plus faux. A l’instar d’autres artistes, les écrivains s’avèrent de fins observateurs et des virtuoses de la transformation. Traité avec une incroyable diversité, le thème de la douleur n’est jamais éculé. En effet, il y a mille façons d’éprouver le lecteur, de le faire frémir d’empathie, de l’entraîner dans un sidérant dépassement de soi, un courage inouï, un détachement surprenant, un remodelage du ressenti. 

Regards croisés sur les douleurs de la chute. Patrick Martin et Aurore Burlaud
Les « TAC » comme aide technique à la marche. La chute de la personne âgée représente une thématique majeure de santé publique. C’est la première cause de mortalité accidentelle. Tous les ans, environ 450 000 personnes âgées de plus de 65 ans font une chute (INVS) de gravité immédiate variable : hospitalisation, décompensation des pathologies chroniques, fractures, douleurs, dépression, perte d’autonomie, entrée en institution et décès. 
L’hypnose dans les situations d’urgence. Dr Jacques Wrobel
Les techniques hypnotiques peuvent apporter une aide précieuse en situation d’urgence, que ce soit lors d’une immobilisation, à l’occasion d’une désincarcération ou d’une mise en condition, mais aussi dans certaines situations obstétricales ou lors de soins dentaires. L’induction furtive de l’hypnose peut s’avérer d’une grande utilité chez ces patients douloureux aigus, dont l’anxiété légitime peut intensifier notablement les souffrances.
Algodystrophie et respiration. Jeanne-Marie Jourdren
L’ancrage des pieds. Pour passer le pas, le pied doit ressentir le sol. Le sol répond par une force réactionnelle. Ainsi, le pied peut propulser le corps vers l’avant. Dans de nombreuses techniques énergétiques, on parle de l’importance d’un ancrage corporel pour permettre à l’énergie présente dans le corps de circuler aisément et ainsi laisser le corps en bonne santé.

Hypnose et douleurs neuropathiques. Dr Jean-Pierre Alibeu
La douleur chronique est toujours multifactorielle, associant une atteinte réelle ou virtuelle des voies de la nociception à des éléments de fragilité qui font le lit de la chronicisation : traumatismes anciens ou récents, pathologies associées, concomitantes. L’importance de l’anamnèse est au premier plan, elle permet de mettre du sens et ainsi de choisir la stratégie thérapeutique où l’hypnose va trouver sa place et son efficacité dans un projet partagé avec le patient. 

"Je dois tout contrôler". Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 47
« Bonjour Docteur, je vous appelle pour un rendez-vous ? » « Bonjour Docteur » fait vieux jeu. Je suis jeune, « in », pas coincé. Je pourrais dire : « Salut Doc ! », non, non, cela fait trop copain-copain. « Excusez-moi, Docteur, de vous déranger » Horrible ! C’est du langage du siècle passé. Et en plus, pourquoi m’excuser ? 
La voix du thérapeute. Dr Dina Roberts
« Ma voix t’accompagnera », expliquait Erickson à ses patients. Mais quelle voix peut au mieux accompagner un patient en hypnose ? Comment faire en sorte qu’elle soit le plus adaptée à ce contexte ? Tant de patients expriment en fin de séance que c’est la voix du thérapeute qui a été la plus importante. Et pourtant, sauriez-vous décrire précisément en quoi elle diffère de la voix habituelle ? Nous sentons bien qu’il y a un changement mais celui-ci est le plus souvent très intuitif.

Les Grands Entretiens: Teresa Robles. Par Gérard Fitoussi
Chère Teresa, merci d’accepter de répondre à ces questions pour notre revue « Hypnose et Thérapies brèves ». J’avais envie de le mener depuis longtemps étant donné la place que tu occupes depuis les débuts dans le monde de l’hypnose notamment au Mexique et au niveau international. Peux-tu nous parler un peu de toi, ta famille et ton parcours professionnel ? 

Livres en bouche. Christine Guilloux
La force de la vulnérabilité : Utiliser la résilience pour surmonter l’adversité, Consuelo C. Casula, Satas, collection Le Germe. Pile ou face. Une chose et son contraire. Une chose ou l’autre. Une vulnérabilité ou une force. Une crise et une opportunité. Vent debout. Les ouragans ne se nomment pas tous Irma, José, Maria. 

Livres en bouche. Jeanne-Marie Jourdren
Neuroscience et chamanisme : Les voies de l’illumination, David Perlmutter et Alberto Villoldo. A première vue, ce titre peut prêter à l’étonnement. Dans un deuxième temps, il annonce un livre innovant. En exposant le point commun unissant ces deux disciplines, l’état d’illumination, les auteurs, David Perlmutter, neurologue, et Alberto Villoldo, médecin-anthropologue et chaman, nous révèlent la façon dont chacun peut accéder à cet état particulier, longtemps décrit comme accessible uniquement aux moines, méditants ou chamans de pays lointains. 
Notes de lecture. Sophie Cohen
Manuel d’hypnothérapie digestive, Philippe de Saussure. Ce petit ouvrage est un véritable outil pratique lorsque vous accompagnez des patients qui souffrent de troubles fonctionnels digestifs. Spécialiste en gastro-entérologie, en hypnose, Philippe de Saussure partage au cours de ces 100 pages tout ses savoirs et savoir-faire. Il vous propose quelques scripts d’hypnose qu’il utilise lui-même. C’est un ouvrage précieux et complet. 
Mise à l’épreuve de la théorie du jeu de rôle. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, pour ce numéro nous avons invité un chercheur en neurosciences passionné d’hypnose et de musique. Avant de le laisser nous inviter dans un fabuleux voyage dans le cerveau (attention, accrochez-vous !), Cédric peux-tu te présenter ? 

Hypnoscope Février 2018 - Actualités Thérapeutiques

mardi 20 mars 2018 - 12:00
L'hypnose et l'auto-hypnose aux urgences - Hypnose web Pourquoi l’hypnose aux urgences en particulier ?
 
En 2017, la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU) s’est positionnée en recommandant l’hypnose thérapeutique comme technique complémentaire adapté aux soins d’urgences… une technique qui ne se substitue pas aux traitements antalgiques médicamenteux, mais intervient en complément de ces dernières avec pour objectif l’amélioration de la qualité des soins aux urgences.
 
Premièrement, c’est un excellent moyen de communicationnotamment auprès d’un patient en détresse dans un contexte d’urgence ressentie. Deuxièmement, c’est un outil qui permet aux soignants de rajouter du confort personnel dans leur travail. Troisièmement, les urgences sont l’endroit idéal pour pratiquer, les résistances des patients y sont au plus bas... Cette technique est efficace tant sur la douleur et le stress que nous ayons à réaliser un geste technique ou pas...
 
Les indications sont les suivantes :
 
- les réductions de fractures et de luxation d’articulations ;
- les sutures ;
- les ponctions lombaires, pleurales, veineuses... ;
- les drains thoraciques ;
- gestion du stress et de la douleur en toutes circonstances en pré-hospitalier (ex : coronarien, polytraumatisé…) et dans le service ;
- gestion du stress de l’appelant au centre 15. 
 
Les contre-indications sont les suivantes : 
 
- pathologies psychiatriques décompensées ; 
- prise de toxiques (alcool, stupéfiants, sédatifs…). 
 
Hypnose formelle pour accompagner des gestes douloureux anxiogènes
 
Il est important d’éviter d’annoncer le déroulé des soins avec toutes les connotations négatives en relation avec la douleur, et bien au contraire d’en parler de manière rassurante, en employant des termes bienveillants, positifs. Dans un article de Pain... ​Les mots peuvent-ils blesser ?... décrire une procédure en termes de douleur ou d’événements indésirables accroît la sensation de douleur ou d’anxiété...
 
Il est possible d’adapter notre communication verbale et corporelle pour améliorer le confort moral et physique des patients confrontés à une expérience souvent négative émotionnellement dans le monde du soin. Préférez dire au patient : Soyez rassuré, je vous pose une perfusion, ce ne sera pas agréable et cela va bien se passer" à la place de : "Ne vous inquiétez pas, je vais piquer, ça va faire mal..." Évitez les mots à connotation négative dans l’annonce du déroulé des soins.
 
Comme le pensait Erickson, les patients sont vraiment un réservoir de ressources et nous sommes simplement là pour les aider à les faire émerger.
 
Depuis l’utilisation de l’hypnose, je peux constater que nous avons la reconnaissance des patients, chose qui est très rare aux urgences... Nous permettons aux patients de vivre une expérience unique et très personnelle dans un endroit pas très accueillant et qui, par l’intermédiaire des ancrages, leur permettra de se replonger dans cet état, une fois rentrés chez eux... car l’apprentissage de l’autohypnose est facilité par le contexte de l’urgence ressentie...
 
"Aux urgences, la communication hypnotique est utilisée tous les jours, l’hypnose formelle lorsque l’occasion se présente et l’auto hypnose pour s’apaiser."
Profession IDE
GRANDS DOSSIERS 
Hypnose aux urgences : "moins de chimie, un gain de temps" 


Les CHU sous le charme de l’hypnose - Réseau CHU Méprisée pendant deux siècles par l’Académie, l’hypnose a retrouvé dans le champ médical sa vocation première: soulager la douleur, réduire le stress, apaiser. Elle est actuellement, selon l’INSERM, l’une des pratiques complémentaires les «plus intégrées à l’offre de soins conventionnels». En appoint au bloc opératoire ou de certains traitements et actes médicaux, elle a trouvé largement ses marques à l'hôpital. Retours d’expérience en CHU*... 

 «J’ai vécu ça comme une expérience. On est conscient mais on ne ressent pas la douleur. Bien sûr, j’étais un peu inquiet au début mais l’équipe instaure un climat de confiance rassurant et nous avons discuté tout le temps de l’opération». Pierre a été un des premiers en 2015 aux Hospices Civils de Lyon à bénéficier d’une curiethérapie sous hypnose pour soigner un cancer de la prostate. Pour le Pr Chapet chef du service de radiothérapie, c’est une technique d’avenir: «Le patient après une intervention sous hypnose est rapidement en forme. La reprise d’une activité est possible dans les jours qui suivent l’intervention. Et, il a la satisfaction d’avoir participé activement au traitement». 

Une révolution au bloc
A l’heure où la chirurgie se fait moins invasive et où se raréfient les opérations sous anesthésie générale, l’hypnose a investi l’hôpital dans l’accompagnement des soins douloureux ou des opérations dites «légères»: gynécologie, dermatologie, orthopédie, ablation de la tyroïde, tumeurs de la gorge, chirurgie mammaire, abdominale, thoracique… Elle peut être utilisée seule, en association avec une anesthésie locale ou combinée avec des médicaments antidouleur et/ou des anxiolytiques. On parle alors d’hypnosédation ou d’hypnoanalgésie. L’objectif étant de trouver l’association la mieux adaptée pour chaque patient.  Avec des bénéfices tangibles: réduction de la consommation d’antalgiques et des complications postopératoires, des nausées, vomissements et autres inconforts conséquents à l’anesthésie et à l’intubation. Un vrai gain de confort pour l’opéré et une diminution notable du stress. 

Au CHU de Nîmes, les coloscopies autrefois effectuées sous anesthésie générale le sont aujourd’hui sous hypnoanalgésie. «Dans 25% des cas, nous n’avons recours à aucun anesthésiant et dans 75% à de très faibles doses à des moments critiques», rapporte Guylaine Tran anesthésiste-réanimateur. L’établissement emploie aussi régulièrement cette technique pour la pose de chambres implantables dans le cadre des chimiothérapies: 600 de ces interventions ont été réalisées sous hypnose au cours des trois dernières années. Le service d’hématologie du CHU de Caen pratique lui sous hypnose des biopsies ostéomédullaires (très douloureuses). 

Au CHU de Rouen, l’hypnose est intégrée et utilisée au sein de l’unité du sommeil depuis plus de quinze ans. Elle a entre-temps essaimé de nombreux services. Cette technique est proposée aujourd’hui, par le biais d’une consultation dédiée, pour de nombreuses interventions, comme celle de la cataracte par exemple. L’apprentissage de l’autohypnose est du reste dispensé au centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD) associé à l’établissement. «L’hypnose ne sera jamais un anticancéreux, un antibiotique ou un culot globulaire, mais elle pourra faciliter grandement leur efficacité et leur tolérance», relève le Dr Delphine Provost anesthésiste-réanimateur au CHU de Rouen 

Les enfants d’abord !
La pratique de l’hypnose a vite trouvé un très large écho en pédiatrie. Elle est particulièrement adaptée au profil des jeunes patients. Les études montrent que les enfants entre 6 et 14 ans sont les sujets les plus réceptifs à cette technique. De plus, leur stress en arrivant au bloc augmente leur suggestibilité. Initié en 2012 au CHU de Bordeaux, le recours à l’hypnose a apporté un confort inédit à la centaine de jeunes patients atteints de cancer pris en charge chaque année par l’unité d'Oncologie et Hématologie pédiatrique. «Au cours de leur traitement en oncologie pédiatrique, les enfants sont confrontés à de multiples douleurs liées à la maladie, mais aussi plus fréquemment provoquées par les soins: examen de moelle, ponction lombaire, pose de sondes, pansements…, observe le Pr Yves Perel, chef du pôle pédiatrie. Or la prise en charge médicamenteuse peut être insuffisante, particulièrement sur la composante anxieuse de la douleur». 

Grains de beauté congénitaux, lésions dermatologiques. Ces interventions superficielles sont désormais réalisées avec succès sous hypnoanalgésie à l’hôpital Lapeyronie de Montpellier. Plus d’une soixantaine d’enfants de 6 à 15 ans ont été opérés dans ces conditions.
Au CHU de Saint-Etienne, l’hypnose se pratique en hôpital de jour médico-chirurgical de pédiatrie depuis mai 2013 et depuis décembre 2015 au sein des blocs opératoires.

A l’hôpital Trousseau à Paris, l’hypnose a trouvé sa place au sein de l’unité ambulatoire de traitement de la douleur au rang des «techniques de distraction». Une salle «Zen» avec une alcôve dédiée a même été récemment inaugurée pour permettre aux enfants d’arriver en salle d’opération le plus sereins possible.

Au CHU de Nîmes, l’usage de l’hypnose est devenu presque systématique pour les soins prodigués aux enfants. «Cela a vraiment changé ma pratique, confie le Pr Tu Anh Tran, chef du service de pédiatrie. Ils se sentent en confiance, sont plus calmes et nous avons moins recours aux médicaments. Une étude est d’ailleurs en cours aux urgences pédiatriques pour évaluer la possibilité d’utiliser l’hypnose comme alternative au MEOPA (gaz hilarant) pour les sutures, comme c’est le cas jusqu’à présent». 

L’hypnose suscite aussi un engouement dans les maternités. Au sein du secteur d’obstétrique du CHU de Clermont-Ferrand, infirmières-anesthésistes, chefs et internes y ont recours quotidiennement pour accompagner la pose de péridurale ou les césariennes. «C'est une activité nouvelle extrêmement motivante de par le lien qu'elle génère avec le patient et le confort et la grande satisfaction qu'elle lui apporte. Nous avons d'excellents retours et une demande croissante», témoigne Martine Bonnin, anesthésiste-réanimateur. 

Opérer le cerveau sous hypnose
L’hypnose est utilisée depuis plusieurs années au CHU de Tours en neurochirurgie pour la résection de tumeurs cérébrales. Le Dr Ilyess Zemmoura, neurochirurgien et le Dr Éric Fournier, anesthésiste du CHU de Tours ont été les premiers en France à valider une autre solution: l'emploi de l'hypnose pour remplacer l’anesthésie générale dans ce type d’interventions.

L’équipe d’ORL du CHU fait aussi bénéficier les patients de cette approche novatrice pour la chirurgie de la thyroïde et des glandes parathyroïdes. Ces interventions comportent un risque non négligeable de lésion des nerfs qui font bouger les cordes vocales. L’opération sous hypnose permet de contrôler à tout moment la voix du patient lorsque l’on arrive au contact de ces nerfs et donc de limiter le risque de les léser. Par ailleurs, le fait de ne pas avoir d’anesthésie générale permet une récupération plus rapide en postopératoire. Cette chirurgie peut alors être réalisée en ambulatoire. 
La pratique de l’hypnose gagne aussi du terrain au CHU de Lille, en accompagnement des accouchements à la maternité Jeanne de Flandre, dans le traitement des douleurs chroniques ou en appoint dans divers autres services. «De plus en plus de personnels soignants s’y forment et s’y essaient», remarque le Dr Sandrine Morell-Dubois du service de médecine interne de l’hôpital Huriez qui a pris une part active à cette diffusion. 

Des photos d’animaux pour distraire la douleur
Au CHU de Besançon, plusieurs services de soins ont désormais recours à l’hypnose, notamment ceux d’anesthésie et traumatologie. Ce dernier a ainsi vu naître fin 2016 une initiative originale. Passionné de photographie animalière, le Dr Séverin Rochet, qui exerce dans le service, a mis son talent au service des patients en exposant une vingtaine de photos d'animaux sur les murs des urgences et du service de consultations de chirurgie orthopédique et traumatologique. Renard, hermine, bouquetin, guêpiers, écureuil... attirent le regard.  Efficace pour détourner l'attention du patient quand on pratique un geste médical douloureux.  

Une autre relation soignant-patient
Efficace contre l’anxiété, l’hypnose améliore non seulement le confort des patients mais aussi celui des soignants. Le bloc opératoire se réhumanise et gagne en sérénité. Une enquête menée au sein des hôpitaux parisiens de la Pitié-Salpêtrière et Cochin montre que cette pratique réduit le risque de burn-out dont la prévalence est élevée au sein des services d’anesthésie-réanimation et augmente le sentiment d’accomplissement personnel . 
Anesthésistes, urgentistes, médecins, infirmiers ou aides-soignants, tous services confondus, sont de plus en plus nombreux à vouloir s’y initier. Au CHU de Bordeaux, les formations à l’hypnose médicale ont été mises en place depuis 2007 (DU d’Hypnose médicale et thérapeutique et formation en interne). Aujourd’hui, ce sont plus de 500 soignants formés au CHU qui pratiquent l’hypnose, essentiellement en anesthésie, pédiatrie, gériatrie et odontologie.
Au CHU de Grenoble, le personnel du SAMU est systématiquement formé et la demande émanant des autres services ne cesse d’augmenter. «Depuis 2013, un peu plus de 200 agents suivi une formation et environ 150 sont prévues cette année. De plus, les demandes d’information sont tellement nombreuses que nous avons dû créer un site intranet pour y répondre», rapporte le Dr Caroline Maindet du Pôle Anesthésie-Réanimation. 

Au CHU de Lille, la formation à l’hypnose tend à se développer et s’intègre désormais aux projets de service ou de pôle comme par exemple aux urgences, dans les pôles d’imagerie, enfant, femme, mère nouveau-né… Un clip vidéo de sensibilisation même été réalisé à l’occasion à l’occasion de la Journée Mondiale de la Douleur 2016.

Depuis 2014, 90 membres du personnel paramédical du CHU ont été formés et/ ou sensibilisés à la pratique de l’hypnose: formations diplômantes  de plus de 200 heures, initiations en 7 heures, séances d’information. L’essentiel des formations portent sur prise en charge psychologique dans le cadre de thérapies réalisées par les  psychologues ou psychiatres, l’hypnoanalgésie et hypnose conversationnelle utilisées par les kinés, IDE, IADE, sages-femmes, puéricultrices, AS, manipulateurs radio d’une part pour la douleur et l’anxiété provoquées par les soins ou les examens et pour favoriser «l’alliance thérapeutique patient/professionnel» en situation aigue, conflictuelle, potentiellement anxiogène, en cas d’annonce de diagnostic, etc. 

Les enjeux de la formation
Au CHU de Besançon, une dizaine d’infirmiers anesthésistes sont aussi ainsi formés initiés à la communication thérapeutique au sein du pôle anesthésie pour renforcer la relation de confiance «patient-soignant». Pour Mireille Martenot, cadre supérieure: «C’est un réel changement dans la façon de communiquer avec le patient, on l’amène petit à petit à se focaliser sur une situation ou un endroit où il se sent bien, et c’est autour de ses réponses, qui ne sont jamais orientées, que se développe sa prise en charge». Dans ce même esprit, au CHU de Saint-Etienne, un plan de formation à l’hypnoanalgésie est organisé pour les services de pédiatrie du pôle mère/ enfant.

Au CHU de Nice, l’enseignement universitaire de l’hypnose a été initié à  la rentrée 2014 (DU Hypnose médicale et formation à la pratique de l’hypnose thérapeutique). Il a permis la formation d’une quarantaine de soignants par an, essentiellement médecins et dentistes. S’y associent des formations institutionnelles pour toute catégorie de soignants, dont certaines organisées par l’Association azuréenne d’Hypnose ( AAH Dr Nadine Memran) et qui forment environ 30 soignants par an.

En parallèle, s’est également créé au CHU un Observatoire des médecines non conventionnelles (OMCNC) dont un groupe de travail, piloté  par le Dr Véronique Mondain et  le Dr Pascal Delaunay, est consacré spécifiquement à l’hypnose. L’enjeu étant de développer des recherches afin de valider l’utilisation de ces techniques au sein des CHU. Premier sujet proposé, à l’initiative du Dr Mondain: «L’hypnose, outil thérapeutique pour la prise en charge des cystites récidivantes».  Le groupe organise en outre un certain nombre de rencontres pour sensibiliser le personnel soignant. Son objectif se définit selon trois axes de travail autour de l’hypnose : respectivement sur le soin (traçabilité, organisation), la formation (nouvelles propositions de formation plus « light sur 2 jours, très ouverte, et en particulier à tous les étudiants en médecine, et la recherche (notamment recherche infirmière). 
Un cycle de conférences grand public complète cette initiative. La première est prévue en janvier 2018 avec un grand nom et pionnier de l’hypnose médicale en France: le Dr Jean Becchio.
Betty Mamane
A lire pour en savoir plus: «Les fabuleux pouvoirs de l’hypnose», Betty Mamane, éditions Belin, Paris, 2017
*AP-HP, Besançon, Bordeaux, Caen , Clermont-Ferrand , Grenoble, Hospices Civils de Lyon , Lille, Montpellier, Nice, Nîmes, Rouen, Saint-Etienne, Tours


Au CHU de Tours, l’hypnose à hauteur d’enfant - La Nouvelle République L’hypnose comme remède à l’hyperactivité ? C’est en tout cas l’une des pistes explorée par le service de neurologie de Clocheville.

Déjà adoptée par des anesthésistes, des tabacologues, ou encore des sages-femmes, l’hypnose est aussi utilisée en neuropédiatrie. Exemple au Centre référence pour les troubles du langage et des apprentissages (CRTLA) du CHRU de Tours, à Clocheville, avec le professeur Pierre Castelnau et le Dr Maximilien Périvier.


L’hypnose pour soigner, c’est nouveau ?
« L’hypnose n’est pas nouvelle. A une époque, elle était utilisée pour traiter ce qu’on appelait l’hystérie… En l’utilisant aujourd’hui à l’hôpital comme thérapie complémentaire, on redécouvre des choses que l’on connaissait déjà. Avec en plus la preuve qu’a pu nous donner l’imagerie que sous hypnose, des zones spécifiques du cerveau fonctionnent. »
Vous l’utiliser dans la prise en charge d’enfants hyperactifs.

Pourquoi ce choix ?
« On s’est rendu compte qu’en leur donnant des médicaments pour les rendre plus calmes en classe on ne faisait pas tout ce qu’il fallait pour les aider : quand l’enfant fait face à des troubles de l’apprentissage, il entre dans une spirale de dévalorisation. Pour corriger cela, il fallait travailler sur l’estime de soi. C’est comme cela que nous sommes arrivés à l’hypnose. »


L’hypnose avec des enfants est-elle particulière ?
« L’enfant sait mieux faire que les adultes ! Il a la capacité d’être en parfait équilibre entre réel et imaginaire, à voir des échappatoires émotionnelles en permanence. En transe hypnotique, on joue justement sur cette capacité du cerveau à nous faire voir les choses imaginaires comme si c’était réel. C’est plus facile à partir de l’âge de 6 ou 7 ans, car l’enfant comprend ce que l’on attend de lui. »
On a tous en tête des scènes d’hypnose de spectacle.

En quoi diffère-t-elle de l’hypnose thérapeutique ?
« La technique est très similaire à celle utilisée dans l’hypnose de spectacle, sans le décorum qui fait le spectacle, et surtout, nous avons un tout autre objectif. L’hypnose de spectacle entretient l’idée d’un contrôle sur l’autre, ici, ce n’est pas nous qui faisons : nous faisons simplement en sorte de rassembler les conditions pour que le patient travaille. »


Comment se déroule une séance ? Que cherche-t-on ?
« Une séance d’hypnose peut se dérouler autour d’une évocation choisie par l’enfant lui-même, ou prendre la forme plus dirigée d’un conte construit pour lui, dans lequel on va injecter des suggestions. Par exemple, on peut revenir sur une situation présente dans nos souvenirs, au moment où cela a dérapé, et l’on a alors la possibilité de changer notre regard sur cette situation. Changer le regard sur ce que l’on a vécu marche mieux que de tenter de convaincre quelqu’un d’avoir une meilleure estime de soi. »


D’autres champs d’utilisation auprès des enfants peuvent-ils être envisagés ?
« On pourrait l’utiliser pour d’autres choses, mais pour l’instant nous nous concentrons sur la TDAH, dans le cadre de la recherche clinique. L’hypnose pourrait très bien être utilisée pour tout ce qui touche aux troubles du langage et des apprentissages scolaires, les troubles de l’oralité. Mais on ne soignera pas l’épilepsie ou la sclérose en plaque avec de l’hypnose ! »


Formation en Autohypnose pour l'autonomie du patient et le confort du praticien

jeudi 1 mars 2018 - 09:44
DATES : 11 et 12 Juillet 2018 Lieu : Espace Hermès, 10 Cité Joly, 75011 Paris COMPLET ! Selon certains (citons par exemple Jeffrey Zeig), l’autohypnose n’existe pas, car l’hypnose est un phénomène éminemment relationnel. Pour d’autres (citons par exemple Ernest Rossi), le travail vient exclusivement du patient, et l’autonomisation de celui-ci est tellement centrale, qu’au fond c’est plutôt l’hypnose qui n’existe pas vraiment en thérapie, nous ne faisons que stimuler de l’auto-hypnose.

Pour certains, l’auto-hypnose est un certain nombre de techniques, pour d’autres, rien de spécifique : c’est “la même chose que dans la séance avec un thérapeute, mais tout seul”.
Comment stimuler l’autonomie du patient, alors même qu’il vient se “confier” au thérapeute ? Que devons nous lui apprendre à apprendre ? L’auto-hypnose comment ? Pour quel patient ? Dans quel cadre ?
Au fond, que l’hypnose se pratique seul ou même à deux, tout cela n’est-il pas, une fois de plus, une question relationnelle et stratégique ?
L’expérience nous montre que, comme toutes les autonomisations, elle se fait d’abord en relation. L’apprentissage de l’auto-hypnose nous oblige à questionner les notions de sécurité, de liberté, d’autonomie, d’intuition…
Et comme le meilleur moyen d’apprendre à être libre est d’abord de vivre cette liberté dans le cadre d’une relation, nous ferons de nombreux exercices, par groupe de deux, collectivement ou même seuls, ensemble.
L’objectif de la journée est d’être plus à l’aise avec l’auto hypnose, tant pour soi-même qu’avec le patient, savoir la “prescrire” et “l’enseigner” de façon adaptée, notamment dans les domaines ou elle est quasi indispensable (douleur chronique, anxiété, troubles dissociatifs…).




S'inscrire à la Formation en Autohypnose

Charte Ethique du CHTIP

mardi 13 février 2018 - 15:21
Le CHTIP se propose de donner une formation qualifiante à la pratique thérapeutique de l’hypnose et des psychothérapies brèves qui s’en inspirent.
En raison des dangers que feraient peser sur le crédit scientifique de l’hypnose et des professionnels de santé qui l’utilisent un mauvais usage de cette formation, il est demandé aux membres de la CFHTB de souscrire au code éthique de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies Brèves et à charge pour eux de communiquer celle-ci à leurs stagiaires. L’intérêt et le bienêtre du patient constituent l’unique objectif.

L’hypnose est considérée comme une possibilité d’aide parmi d’autres formes de pratiques scientifiques ou cliniques validées. Il en résulte que la connaissance des techniques d’hypnose ne saurait constituer une base suffisante pour l’activité thérapeutique ou de recherche. Le professionnel de santé doit donc avoir les diplômes requis lui permettant d’exercer dans le champ où s’exerce son activité hypnotique : Médecin, Chirurgien-dentiste, Psychologue, Sage-femme, Infirmier, Kinésithérapeute.

La formation à l’hypnose médicale est destinée à améliorer les capacités de communication thérapeutique des stagiaires et leur permettre de mieux exercer les compétences thérapeutiques pour lesquelles ils sont habilités.

Le professionnel de santé limitera son usage clinique et scientifique de l’hypnose aux aires de compétences que lui reconnaît le règlement de sa profession.
L’hypnose ne sera pas utilisée comme une forme de distraction. Tout particulièrement, toute participation à des spectacles publics, ludiques sera proscrite.


Le professionnel de santé ne facilitera ni ne soutiendra la pratique de l’hypnose par des personnes non qualifiées.

Le professionnel de santé ne donnera en aucun cas des enseignements impliquant l’apprentissage des techniques hypnotiques à des personnes ne disposant pas d’une qualification adéquate. Des exceptions seront faites à ce principe pour les étudiants en fin de qualification dans les champs professionnels où doit s’inscrire leur pratique de l’hypnose : Médecins, Chirurgiens-dentistes, Psychologues, Sages-femmes, Infirmiers, Kinésithérapeutes.
Dans tous ces cas, le passage à la pratique de l’hypnose reste conditionné à l’obtention de qualification complète dans le champ professionnel considéré. Pour les étudiants des professions paramédicales, la pratique de l’hypnose supposera la mise en place d’une structure de travail supervisée, selon le champ d’application, par un Médecin, Chirurgien-dentiste, Psychologue, Sage-femme pratiquant l’hypnose médicale depuis plus de 5 ans.

La communication d’informations relatives à l’hypnose auprès des différents médias est recommandée dans la mesure où elle s’appuie sur des connaissances précises et permet de minimiser les distorsions et les représentations erronées relatives à l’hypnose. Réciproquement, il est demandé aux professionnels de santé formés par l’un des membres de la CFHTB et membre de celle-ci d’éviter toute action (communications, publications, etc.) tendant à compromettre l’aspect scientifique et la dimension éthique de la pratique hypnotique en donnant à celle-ci une représentation tendancieuse en dehors du champ médical et thérapeutique nécessitant un Diplôme d’état.

En cette matière, citer ses sources est une règle qui s’impose. Pour toutes ces raisons, les professionnels de santé en cours de formation sont encouragés, sous supervision de leurs formateurs, à publier des travaux scientifiques auprès de la communauté scientifique. Ils doivent en revanche s’abstenir totalement de faire des communications publiques sur l’hypnose ou les thérapies brèves dans les médias non scientifiques (conférences, articles, interviews, contacts avec la presse écrite ou audiovisuelle) tant que leur formation n’est pas terminée.


Le non respect de la charte éthique pourrait conduire le bureau de la CFHTB à prononcer l’exclusion du membre.

Comment reconnaître une "bonne" formation à l'hypnose ?

lundi 12 février 2018 - 15:13
L'hypnose, en tant que technique de soins, est de plus en plus reconnue, de nombreuses publications scientifiques lui sont consacrées et ont montré l'efficacité de cette technique, les neurosciences donnent une assise encore plus scientifique à l'hypnose en montrant qu'il se "passe quelque chose" d'identifiable au niveau cérébral pendant l'hypnose, l'académie de médecine reconnaît dans un rapport récent qu'il s'agit d'une thérapie qui a montré son efficacité dans les soins douloureux ou dans des troubles psychiques tels le psychotraumatisme, et le dernier rapport de l’INSERM fait le tour d’un grand nombre de publications qui attestent de son intérêt en situations de soins...

De façon bien légitime, de nombreuses personnes du monde soignant veulent donc se former. Cet article s’adresse donc aux soignants et ne concerne donc pas l’hypnose de spectacle ou la pratique de l’hypnose « non-soignante » (coaching, développement personnel…). Concernant ces catégories, tout existe, du meilleur au pire et ferait l’objet de trop long développements (les intéressés peuvent feuilleter les (longs !) chapitres consacrés à cela dans le livre du Dr Aïm « L’hypnose ça marche vraiment » ed. Marabout.

Mais dès lors, pour un soignant, comment reconnaître une "bonne formation" à l'hypnose?

Voici 5 critères qui font la différence et qui sont des marqueurs du sérieux que les enseignants reconnaissent à l'hypnose médicale et à sa pratique.

1. Les étudiants: uniquement des professionnels du soin diplômés! L'hypnose en tant que pratique thérapeutique et puissante ne devrait pas être pratiquée par tout un chacun. Si l’on parle de problèmes de santé, on recherchera l’aide uniquement de professionnels du soin diplômés, tout comme n'importe quelle technique de soins. Dès lors qu’on l’applique à des patients souffrant de pathologies physiques ou psychiques, ce n'est pas seulement une technique de développement personnel ou de relaxation mais une « démarche de santé » comme le souligne le Pr Bioy (in Découvrir l’hypnose). Un institut soignant de qualité se distingue donc généralement par sa volonté de ne former que des professionnels du soin afin d’élaborer un langage commun autour de pratiques communes.

Méfiez-vous donc de ceux qui ouvrent l'hypnose pour l’apprendre « rapidement » et à "n'importe qui" ou à tous ceux désirant se former ; tout comme vous auriez été méfiant envers un institut qui formerait à la chirurgie ou à la prescription de médicament tous ceux qui le souhaiteraient. Commercialement c'est plus rentable, mais ce n'est pas très éthique.
(Même un institut qui formerait à l’hypnose non médicale se devrait d’avoir des critères éthiques et de qualité pour l’apprentissage de l’hypnose à ses stagiaires.)

2. Les enseignants: des professionnels du soin expérimentés! Par symétrie, il semble évident que les dirigeants et enseignants de l'institut destiné aux soignants doivent être des professionnels du soin expériementés, afin de connaître le milieu des soins et les patients dont ils prétendent parler. Ils doivent également être expérimentés dans la pratique de l'hypnose thérapeutique et dans l'enseignement.

Méfiez-vous donc des titres un peu atypiques "maître praticien de..." / "formé par..." / "seul habilité à..." / ou qui ont simplement le titre d'hypnothérapeute (qui n'est pas protégé et qu'hélas, n'importe qui peut "s'attribuer"...). Il est important que vos formateurs sachent de quoi ils parlent et…de quoi vous parlez ! Qu’ils connaissent le milieu des soins, des hôpitaux etc.

3. Les conditions de la pratique: dans le cadre de notre profession! De même les étudiants doivent être encouragés à pratiquer l'hypnose dans le cadre du décret de compétences, du règlement ou de la déontologie de leur profession soignante. La formation d'hypnose à elle seule ne fait pas une qualification professionnelle de soignant, hypnothérapeute n'est pas un métier, c'est une corde que l'on ajoute à son arc (ou à son violon), dans le cadre du métier que l'on exerce.

Méfiez-vous donc de ceux qui prétendent apprendre un métier à leurs élèves, leur apprendre à devenir des professionnels de la thérapie...voire (ça s'est vu) leur apprennent à faire un business plan et à s'installer en tant que thérapeute...
Il existe des thérapeutes non soignants, mais leur compétence ne saurait être que « technique » en connaissant quelques inductions. Aider notre prochain pour sa souffrance exige un certain nombre de compétences et d’éthiques pour lesquelles une techniques ne peut suffire. Uninstitut soignant ne donne pas un métier mais une compétence s’ajoutant à une profession pré existante…

4. La pratique: un souci éthique! Le soulagement du patient doit être notre seul souci. Un institut sérieux ne peut aucunement soutenir ou promouvoir d'une quelconque façon que ce soit toute forme d'hypnose qui aurait pour objet le divertissement ou le spectacle.

Méfiez-vous donc de ceux qui ne se démarquent pas de cette pratique de spectacle, qui considèrent qu'une technique de soins peut être un divertissement amusant (ou l’inverse). C'est prendre des risques avec les patients, c'est aussi le signe du peu de considération que l'on accorde à l'hypnose et le signe d'un manque de connaissances dans le domaine.
Le spectacle est un domaine bien séparé, qui a, d’ailleurs, ses propres problématiques à résoudre…

5. Le format: quelques critères de qualité. Une formation en hypnose doit contenir un certain nombre d'heures. Il parait impensable d'apprendre les bases de l'hypnose en moins de 10 journées, et une formation complète incluant de bonnes notions de thérapie devrait comporter 2 à 300 heures au total. La formation doit comporter beaucoup de pratique et d'exercices, l'hypnose est plus qu'un savoir, c'est avant tout un savoir-faire, impossible à apprendre en pure théorie. De ce fait il ne paraît pas raisonnable d'apprendre l'hypnose par internet ou uniquement par un livre. Il faut être guidé et entraîné par un thérapeute expérimenté. Les groupes de formation doivent être de taille raisonnable pour permettre la supervision des exercices par le ou les formateurs (plus de formateurs présents si le groupe est plus grand).

Méfiez-vous donc de ceux qui vous promettent une formation complète et rapide à la fois en seulement quelques jours, de ceux qui cherchent absolument à vous vendre leur livre comme s’il était suffisant ou leurs leçons en e-learning ou bien les formations trop théoriques, souvent intéressantes mais pas assez pragmatiques. La supervision par des pairs ou des personnes ayant les compétences requises est également indispensable.

Ces critères éthiques sont ceux que nous nous imposons au CHTIP. Nous savons qu'ils sont assez superposables à ceux de la CFHTB ou de certains autres instituts comme par exemple l'IFH ou ipnosia. Pour le reste à vous de vous faire votre idée...

Dr Philippe AÏM, Psychiatre et psychothérapeute
Laurent Gross, psychothérapeute et directeur du CHTIP.

Annexe: la question du diplôme. Hypnothérapeute, hypnotiste, hypnopraticien n’est pas un titre protégé ni un diplôme d’état. Les instituts de formation délivrent des attestations de présence voire des « certificats » en fin de formations qui attestent du nombre d’heures suivi.
La CFHTB a décidé d’harmoniser les pratiques en délivrant un certificat national de praticien en hypnose clinique pour 300H de formation en institut CFHTB (accessible par les formations CHTIP). Mais il n’a de valeur que parce que la CFHTB rassemble des instituts avec une éthique sérieuse.
Méfiez-vous donc de ceux qui promettent des « titres de praticien » ou des « certificats d’hypnoquelquechose », aucun diplôme n’existe officiellement sur la question, c’est l’attestation de présence d’un organisme de qualité qui a encore le plus de valeur…

Il existe des DU délivrés par certaines universités. Il arrive que ces DU soient justement, pour un certain nombre d’entre eux, plus théoriques que les formations centrées sur la pratique. C’est le cas pour toutes les psychothérapies : il existe parfois des DU de sensibilisations (à la TCC par exemple) mais ils n’amèneront pas ce que peut amener une formation pratique et complète. Encore une fois le « diplôme universitaire » ne sera quand même pas un « vrai diplôme d’hypnothérapeute » puisque celui-ci n’existe tout simplement pas.

Actuellement les standards de formation de la CFHTB et de l’IFH peuvent être considérés comme valables pour permettre la pratique dans le cadre hospitalier notamment même par les infirmiers dans le cadre de leur décret de compétences. (cf Lelièvre N. L’hypnoanalgésie serait-elle réservée à la sphère médicale? Douleurs, avril.2008 ;9 :150-2)

Cependant, de l’expérience de nombreux professionnels, ce qui entraîne l’adhésion et la confiance du patient est avant tout votre diplôme de soignant. Le patient a confiance en son médecin/psychologue/infirmière etc. qui lui propose de l’aider avec de l’hypnose. Le patient fait confiance à votre compétence de soignant avant d’enquêter sur votre formation à l’hypnose, d’où encore une fois cette insistance de notre part à ne former que des soignants qui ajouteront l’hypnose à leurs compétences professionnelles et à leurs outils.


Hypnoscope Janvier 2018 - Actualités Thérapeutiques

vendredi 2 février 2018 - 15:05
"Cela permet de déstresser le patient et de diminuer les anesthésiants" : l'hypnose arrive en bloc à l'hôpital - France Info https://www.formation-hypnose.com/video/ Sans anesthésie générale et sous une lumière tamisée, les opérations sous hypnose se font depuis peu à la clinique du Tonkin à Villeurbanne (Rhône). Opéré d'une arthroscopie d'un genou, un patient de 36 ans a voulu tester.

"L'hypnose permet au patient de vivre son expérience hospitalière avec une émotion positive. On va lui amener des émotions sympathiques, comme du voyage, et tout cela va permettre de déstresser le patient et de diminuer les médicaments anesthésiant pour en mettre beaucoup moins, voire parfois pas", explique le Dr Bourdin, anesthésiste à la clinique lyonnaise du Tonkin.

Le patient entre comme il sort : debout

Le patient entre au bloc opératoire debout. "On arrive au bloc comme si on allait au cinéma ou à un dîner. C'est plus sympa", ajoute-t-il. Une infirmière anesthésiste accompagne le patient dans ce voyage intérieur pendant l'opération.

"Il faut qu'il y ait un environnement adapté pour le patient avec une présence constante de l'infirmier anesthésiste pendant l'intervention. Nos gestes doivent être le plus doux possible pour ne pas entraîner de douleurs", précise le Dr Vogels, chirurgien. Et le patient va ressortir debout du bloc opératoire.


Une première opération chirurgicale réalisée sous hypnose à la Polyclinique du Parc Rambot - Go Met' Il s’agit d’une première dans la métropole Aix-Marseille Provence : une première chirurgie vient d’être réalisée en totalité sous hypnose à la Polyclinique du Parc Rambot à Aix-en-Provence, comme alternative à l’anesthésie générale. La patiente, âgée de 73 ans et atteinte d’un cancer du sein, a subi jeudi 4 janvier une ablation de ganglions sentinelles.

« Par rapport à l’anesthésie générale, l’hypnosédation, cette technique anesthésique combinant une anesthésie locale, l’administration de calmants et un accompagnement par l’hypnose, présente l’avantage d’éviter les effets des drogues anesthésiantes et facilite la récupération post-opératoire », précise Véronique Vaini-Cowen, chirurgienne gynécologique et mammaire qui a pratiqué l’opération avec les deux médecins anesthésistes, Olivier Ruinet et Frédéric Bourgarel. « La patiente est ravie, ajoute Olivier Ruinet. Elle raconte avoir été dans un état hypnotique : consciente mais dans un demi-sommeil. Ce qui lui permettait de parler tout en s’imaginant être dans son salon, en train de regarder son film préféré. »

Des opérations sous hypnose pour les chirurgies du sein sont désormais programmées chaque jeudi à la Polyclinique. Cette technique est particulièrement recommandée pour les patientes qui nécessitent une récupération rapide ou qui ont une intolérance à l’anesthésie, du fait de leur âge ou de leur pathologie. L’hypnose est également utilisée en post-opératoire à la Polyclinique par Michel Stioui médecin spécialiste du traitement de la douleur. L’établissement a par ailleurs recours à la Resc, la résonance énergétique par stimulation cutanée, avec l’infirmière référente Marie-Christine Vaini-Voisin. Basée sur la propagation d’ondes de son dans les liquides humains, cette technique permet de réduire les doses de médications.

« Ces différentes méthodes permettent à notre établissement de se positionner sur des thérapies complémentaires à la médecine classique, plébiscitées par les patients et leur apportant un meilleur confort et bien-être », conclut Claire Ravier, directrice générale de la Polyclinique du Parc Rambot.
Caroline Albenois

L’hypnose thérapeutique est-elle vraiment efficace ? - L'info durable L’hypnose est une technique de soins de plus en plus utilisée, en psychothérapie mais aussi dans les hôpitaux. Est-elle vraiment efficace ? Les va-et-vient du pendule et la voix de l’hypnotiseur peuvent-ils nous faire perdre la tête ?

Dans le domaine médical, les apports de l’hypnose font consensus. C’est une technique utile pour soulager les patients. Mais d’où viennent ses effets ? Selon l’hypnothérapeute Antoine Bioy, soigner par l'hypnose requiert un apprentissage spécifique, pour permettre au patient de se laisser aller à de nouvelles perceptions. Un point de vue que conteste Stéphane Laurens : selon lui, ce n’est qu’un moyen parmi d’autres d’influencer son interlocuteur. Le folklore autour de l’hypnose ne serait que de la poudre aux yeux…

Antoine Bioy a pratiqué l’hypnose dans le cadre de son métier de psychologue. Il est aussi chercheur et a publié en octobre 2017 un Que sais-je ? consacré à l’hypnose.
L’hypnose peut-elle être thérapeutique ?
L’hypnose agit dans trois dimensions : au niveau de l’état de conscience, de la relation à l’environnement et du ressenti corporel. Elle permet de réécrire sa réalité, notamment lors d’une thérapie. L’indication majoritaire est celle de la gestion de la douleur et de l’anxiété, dans le cas d’une anesthésie ou d’un accouchement par exemple. Ensuite, l’hypnose peut être efficace pour les troubles dits psychosomatiques, comme le syndrome du côlon irritable. Enfin, en psychologie, elle peut aider les patients atteints de phobie, de dépression voire de schizophrénie. Certaines interventions brèves, assez dirigistes, permettent de modifier des éléments simples comme la douleur aiguë ou les nausées. Les prises de médicaments peuvent ainsi être diminuées voire supprimées.

Est-ce que le patient garde le contrôle ?
C’est moins simple que cela. Déjà, il faut avoir son consentement, il arrive que le patient refuse d’emblée. Ensuite, il peut toujours s’arrêter en cours de séance. Mais s’il accepte, le patient donne à son thérapeute le pouvoir d’influencer ses ressentis corporels et ses pensées. L’état hypnotique est une transe, une conscience modifiée. Dans un état de conscience ordinaire, les demandes du thérapeute paraîtraient incongrues voire folles. Il y a donc une diminution du contrôle consentie. Si le patient reste dans un état hypnotique, c’est finalement son choix : il garde son libre-arbitre. L’hypnothérapeute ne peut pas le pousser à agir contre sa volonté.

L’hypnose est-elle un jeu auquel le patient veut bien se prêter ?

Cette théorie, dite du « role playing » (jeu de rôle), date des années 1950. En effet, pour que ça marche, il faut que le patient ait une représentation des comportements hypnotiques avant de les adopter devant son thérapeute. Mais ça n’est pas suffisant pour tout expliquer. Si on demande à des gens de jouer un rôle d’hypnotisé sans rien leur suggérer, ils ne seront pas dans un état hypnotique. Ils doivent être dans une transe. C’est comme les bons acteurs, qui ressentent vraiment les émotions qu’ils jouent. En acceptant de jouer un rôle, ils accèdent à des sentiments nouveaux qu’ils n’auraient jamais ressentis à ce moment-là sans y être invités. De même, l’hypnose crée des activations de conscience différentes.

Stéphane Laurens est chercheur en psychologie sociale. Il est l’auteur de Manipulations et influences : Réalités et représentations à travers deux siècles d’études, publié en mai 2017.
Pour vous, les techniques hypnotiques n’ont pas d’efficacité en elles-mêmes. Pourquoi ?
Elles ont des effets, bien sûr : atténuation de la douleur, obéissance des assistants dans les spectacles… Dans de nombreux cas, l’état hypnotique est activé. Mais la question est celle de la cause. D’où viennent ces effets ? Les gens les attribuent parfois à un pendule, à un point lumineux ou à la fascination, mais ce n’est qu’une croyance. Vous pouvez utiliser tout et n’importe quoi, une boîte de bonbons si ça vous chante, le résultat sera le même. Ce qui compte, c’est le sens que vous mettez derrière le geste. Pour cette raison, n’importe qui peut pratiquer l’hypnose, il suffit de connaître quelques techniques d’influence et de trouver quelqu’un qui se prête au jeu.

L’hypnose est-elle une manipulation ?
C’est avant tout une croyance partagée entre hypnotiseur et hypnotisé. Notre contexte culturel fournit à tous ce qu’est l’hypnose : comment se passe une séance, ses effets… Les participants ont un contrat tacite. Il y aurait manipulation si l’un agissait à l’insu de l’autre, mais ce n’est pas le cas. L’image populaire de l’hypnose est celle d’une personne qui a une emprise sur les autres. En 1890, alors que l’hypnose est à la mode, les législateurs veulent la réserver aux médecins pour prévenir la population d’un soi-disant danger. En réalité, il n’y a pas de danger car pas d’assujettissement. Si l’hypnotisé ne veut pas se prêter au jeu, rien ne se passera.

L’hypnose ne serait-elle donc qu’un leurre ?
Hippolyte Bernheim, le grand spécialiste de l’hypnose de la fin du 19e siècle, a d’abord considéré qu’il existait bien un état hypnotique. Mais 10 ans plus tard, dans un ouvrage intitulé De la suggestion, il écrit : « Il n’y a pas d’hypnotisme, il n’y a que de la suggestion. » Certaines expériences montrent qu’on obtient les mêmes résultats avec un patient hypnotisé qu’avec un patient non-hypnotisé. Si un état hypnotique permet d’induire de nombreux comportements, cela provient seulement d’un processus d’influence consenti de part et d’autre. Cette explication par les croyances partagées explique beaucoup de faits, même si elle est loin d’être parfaite : comment se fait-il que l’hypnose fonctionne sur les lapins ou sur les bébés ?
Hugo Albandea