Formation Hypnose Ericksonienne Paris

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Paris: Le Collège d'Hypnose de Paris assure les Formations en Thérapies Brèves Orientées Solutions, EMDR-IMO, Hypnose Ericksonienne & Kinésithérapie
Mis à jour : il y a 55 min 2 sec

Charte Ethique du CHTIP

mardi 13 février 2018 - 15:21
Le CHTIP se propose de donner une formation qualifiante à la pratique thérapeutique de l’hypnose et des psychothérapies brèves qui s’en inspirent.
En raison des dangers que feraient peser sur le crédit scientifique de l’hypnose et des professionnels de santé qui l’utilisent un mauvais usage de cette formation, il est demandé aux membres de la CFHTB de souscrire au code éthique de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies Brèves et à charge pour eux de communiquer celle-ci à leurs stagiaires. L’intérêt et le bienêtre du patient constituent l’unique objectif.

L’hypnose est considérée comme une possibilité d’aide parmi d’autres formes de pratiques scientifiques ou cliniques validées. Il en résulte que la connaissance des techniques d’hypnose ne saurait constituer une base suffisante pour l’activité thérapeutique ou de recherche. Le professionnel de santé doit donc avoir les diplômes requis lui permettant d’exercer dans le champ où s’exerce son activité hypnotique : Médecin, Chirurgien-dentiste, Psychologue, Sage-femme, Infirmier, Kinésithérapeute.

La formation à l’hypnose médicale est destinée à améliorer les capacités de communication thérapeutique des stagiaires et leur permettre de mieux exercer les compétences thérapeutiques pour lesquelles ils sont habilités.

Le professionnel de santé limitera son usage clinique et scientifique de l’hypnose aux aires de compétences que lui reconnaît le règlement de sa profession.
L’hypnose ne sera pas utilisée comme une forme de distraction. Tout particulièrement, toute participation à des spectacles publics, ludiques sera proscrite.


Le professionnel de santé ne facilitera ni ne soutiendra la pratique de l’hypnose par des personnes non qualifiées.

Le professionnel de santé ne donnera en aucun cas des enseignements impliquant l’apprentissage des techniques hypnotiques à des personnes ne disposant pas d’une qualification adéquate. Des exceptions seront faites à ce principe pour les étudiants en fin de qualification dans les champs professionnels où doit s’inscrire leur pratique de l’hypnose : Médecins, Chirurgiens-dentistes, Psychologues, Sages-femmes, Infirmiers, Kinésithérapeutes.
Dans tous ces cas, le passage à la pratique de l’hypnose reste conditionné à l’obtention de qualification complète dans le champ professionnel considéré. Pour les étudiants des professions paramédicales, la pratique de l’hypnose supposera la mise en place d’une structure de travail supervisée, selon le champ d’application, par un Médecin, Chirurgien-dentiste, Psychologue, Sage-femme pratiquant l’hypnose médicale depuis plus de 5 ans.

La communication d’informations relatives à l’hypnose auprès des différents médias est recommandée dans la mesure où elle s’appuie sur des connaissances précises et permet de minimiser les distorsions et les représentations erronées relatives à l’hypnose. Réciproquement, il est demandé aux professionnels de santé formés par l’un des membres de la CFHTB et membre de celle-ci d’éviter toute action (communications, publications, etc.) tendant à compromettre l’aspect scientifique et la dimension éthique de la pratique hypnotique en donnant à celle-ci une représentation tendancieuse en dehors du champ médical et thérapeutique nécessitant un Diplôme d’état.

En cette matière, citer ses sources est une règle qui s’impose. Pour toutes ces raisons, les professionnels de santé en cours de formation sont encouragés, sous supervision de leurs formateurs, à publier des travaux scientifiques auprès de la communauté scientifique. Ils doivent en revanche s’abstenir totalement de faire des communications publiques sur l’hypnose ou les thérapies brèves dans les médias non scientifiques (conférences, articles, interviews, contacts avec la presse écrite ou audiovisuelle) tant que leur formation n’est pas terminée.


Le non respect de la charte éthique pourrait conduire le bureau de la CFHTB à prononcer l’exclusion du membre.

Comment reconnaître une "bonne" formation à l'hypnose ?

lundi 12 février 2018 - 15:13
L'hypnose, en tant que technique de soins, est de plus en plus reconnue, de nombreuses publications scientifiques lui sont consacrées et ont montré l'efficacité de cette technique, les neurosciences donnent une assise encore plus scientifique à l'hypnose en montrant qu'il se "passe quelque chose" d'identifiable au niveau cérébral pendant l'hypnose, l'académie de médecine reconnaît dans un rapport récent qu'il s'agit d'une thérapie qui a montré son efficacité dans les soins douloureux ou dans des troubles psychiques tels le psychotraumatisme, et le dernier rapport de l’INSERM fait le tour d’un grand nombre de publications qui attestent de son intérêt en situations de soins...

De façon bien légitime, de nombreuses personnes du monde soignant veulent donc se former. Cet article s’adresse donc aux soignants et ne concerne donc pas l’hypnose de spectacle ou la pratique de l’hypnose « non-soignante » (coaching, développement personnel…). Concernant ces catégories, tout existe, du meilleur au pire et ferait l’objet de trop long développements (les intéressés peuvent feuilleter les (longs !) chapitres consacrés à cela dans le livre du Dr Aïm « L’hypnose ça marche vraiment » ed. Marabout.

Mais dès lors, pour un soignant, comment reconnaître une "bonne formation" à l'hypnose?

Voici 5 critères qui font la différence et qui sont des marqueurs du sérieux que les enseignants reconnaissent à l'hypnose médicale et à sa pratique.

1. Les étudiants: uniquement des professionnels du soin diplômés! L'hypnose en tant que pratique thérapeutique et puissante ne devrait pas être pratiquée par tout un chacun. Si l’on parle de problèmes de santé, on recherchera l’aide uniquement de professionnels du soin diplômés, tout comme n'importe quelle technique de soins. Dès lors qu’on l’applique à des patients souffrant de pathologies physiques ou psychiques, ce n'est pas seulement une technique de développement personnel ou de relaxation mais une « démarche de santé » comme le souligne le Pr Bioy (in Découvrir l’hypnose). Un institut soignant de qualité se distingue donc généralement par sa volonté de ne former que des professionnels du soin afin d’élaborer un langage commun autour de pratiques communes.

Méfiez-vous donc de ceux qui ouvrent l'hypnose pour l’apprendre « rapidement » et à "n'importe qui" ou à tous ceux désirant se former ; tout comme vous auriez été méfiant envers un institut qui formerait à la chirurgie ou à la prescription de médicament tous ceux qui le souhaiteraient. Commercialement c'est plus rentable, mais ce n'est pas très éthique.
(Même un institut qui formerait à l’hypnose non médicale se devrait d’avoir des critères éthiques et de qualité pour l’apprentissage de l’hypnose à ses stagiaires.)

2. Les enseignants: des professionnels du soin expérimentés! Par symétrie, il semble évident que les dirigeants et enseignants de l'institut destiné aux soignants doivent être des professionnels du soin expériementés, afin de connaître le milieu des soins et les patients dont ils prétendent parler. Ils doivent également être expérimentés dans la pratique de l'hypnose thérapeutique et dans l'enseignement.

Méfiez-vous donc des titres un peu atypiques "maître praticien de..." / "formé par..." / "seul habilité à..." / ou qui ont simplement le titre d'hypnothérapeute (qui n'est pas protégé et qu'hélas, n'importe qui peut "s'attribuer"...). Il est important que vos formateurs sachent de quoi ils parlent et…de quoi vous parlez ! Qu’ils connaissent le milieu des soins, des hôpitaux etc.

3. Les conditions de la pratique: dans le cadre de notre profession! De même les étudiants doivent être encouragés à pratiquer l'hypnose dans le cadre du décret de compétences, du règlement ou de la déontologie de leur profession soignante. La formation d'hypnose à elle seule ne fait pas une qualification professionnelle de soignant, hypnothérapeute n'est pas un métier, c'est une corde que l'on ajoute à son arc (ou à son violon), dans le cadre du métier que l'on exerce.

Méfiez-vous donc de ceux qui prétendent apprendre un métier à leurs élèves, leur apprendre à devenir des professionnels de la thérapie...voire (ça s'est vu) leur apprennent à faire un business plan et à s'installer en tant que thérapeute...
Il existe des thérapeutes non soignants, mais leur compétence ne saurait être que « technique » en connaissant quelques inductions. Aider notre prochain pour sa souffrance exige un certain nombre de compétences et d’éthiques pour lesquelles une techniques ne peut suffire. Uninstitut soignant ne donne pas un métier mais une compétence s’ajoutant à une profession pré existante…

4. La pratique: un souci éthique! Le soulagement du patient doit être notre seul souci. Un institut sérieux ne peut aucunement soutenir ou promouvoir d'une quelconque façon que ce soit toute forme d'hypnose qui aurait pour objet le divertissement ou le spectacle.

Méfiez-vous donc de ceux qui ne se démarquent pas de cette pratique de spectacle, qui considèrent qu'une technique de soins peut être un divertissement amusant (ou l’inverse). C'est prendre des risques avec les patients, c'est aussi le signe du peu de considération que l'on accorde à l'hypnose et le signe d'un manque de connaissances dans le domaine.
Le spectacle est un domaine bien séparé, qui a, d’ailleurs, ses propres problématiques à résoudre…

5. Le format: quelques critères de qualité. Une formation en hypnose doit contenir un certain nombre d'heures. Il parait impensable d'apprendre les bases de l'hypnose en moins de 10 journées, et une formation complète incluant de bonnes notions de thérapie devrait comporter 2 à 300 heures au total. La formation doit comporter beaucoup de pratique et d'exercices, l'hypnose est plus qu'un savoir, c'est avant tout un savoir-faire, impossible à apprendre en pure théorie. De ce fait il ne paraît pas raisonnable d'apprendre l'hypnose par internet ou uniquement par un livre. Il faut être guidé et entraîné par un thérapeute expérimenté. Les groupes de formation doivent être de taille raisonnable pour permettre la supervision des exercices par le ou les formateurs (plus de formateurs présents si le groupe est plus grand).

Méfiez-vous donc de ceux qui vous promettent une formation complète et rapide à la fois en seulement quelques jours, de ceux qui cherchent absolument à vous vendre leur livre comme s’il était suffisant ou leurs leçons en e-learning ou bien les formations trop théoriques, souvent intéressantes mais pas assez pragmatiques. La supervision par des pairs ou des personnes ayant les compétences requises est également indispensable.

Ces critères éthiques sont ceux que nous nous imposons au CHTIP. Nous savons qu'ils sont assez superposables à ceux de la CFHTB ou de certains autres instituts comme par exemple l'IFH ou ipnosia. Pour le reste à vous de vous faire votre idée...

Dr Philippe AÏM, Psychiatre et psychothérapeute
Laurent Gross, psychothérapeute et directeur du CHTIP.

Annexe: la question du diplôme. Hypnothérapeute, hypnotiste, hypnopraticien n’est pas un titre protégé ni un diplôme d’état. Les instituts de formation délivrent des attestations de présence voire des « certificats » en fin de formations qui attestent du nombre d’heures suivi.
La CFHTB a décidé d’harmoniser les pratiques en délivrant un certificat national de praticien en hypnose clinique pour 300H de formation en institut CFHTB (accessible par les formations CHTIP). Mais il n’a de valeur que parce que la CFHTB rassemble des instituts avec une éthique sérieuse.
Méfiez-vous donc de ceux qui promettent des « titres de praticien » ou des « certificats d’hypnoquelquechose », aucun diplôme n’existe officiellement sur la question, c’est l’attestation de présence d’un organisme de qualité qui a encore le plus de valeur…

Il existe des DU délivrés par certaines universités. Il arrive que ces DU soient justement, pour un certain nombre d’entre eux, plus théoriques que les formations centrées sur la pratique. C’est le cas pour toutes les psychothérapies : il existe parfois des DU de sensibilisations (à la TCC par exemple) mais ils n’amèneront pas ce que peut amener une formation pratique et complète. Encore une fois le « diplôme universitaire » ne sera quand même pas un « vrai diplôme d’hypnothérapeute » puisque celui-ci n’existe tout simplement pas.

Actuellement les standards de formation de la CFHTB et de l’IFH peuvent être considérés comme valables pour permettre la pratique dans le cadre hospitalier notamment même par les infirmiers dans le cadre de leur décret de compétences. (cf Lelièvre N. L’hypnoanalgésie serait-elle réservée à la sphère médicale? Douleurs, avril.2008 ;9 :150-2)

Cependant, de l’expérience de nombreux professionnels, ce qui entraîne l’adhésion et la confiance du patient est avant tout votre diplôme de soignant. Le patient a confiance en son médecin/psychologue/infirmière etc. qui lui propose de l’aider avec de l’hypnose. Le patient fait confiance à votre compétence de soignant avant d’enquêter sur votre formation à l’hypnose, d’où encore une fois cette insistance de notre part à ne former que des soignants qui ajouteront l’hypnose à leurs compétences professionnelles et à leurs outils.


Hypnoscope Janvier 2018 - Actualités Thérapeutiques

vendredi 2 février 2018 - 15:05
"Cela permet de déstresser le patient et de diminuer les anesthésiants" : l'hypnose arrive en bloc à l'hôpital - France Info https://www.formation-hypnose.com/video/ Sans anesthésie générale et sous une lumière tamisée, les opérations sous hypnose se font depuis peu à la clinique du Tonkin à Villeurbanne (Rhône). Opéré d'une arthroscopie d'un genou, un patient de 36 ans a voulu tester.

"L'hypnose permet au patient de vivre son expérience hospitalière avec une émotion positive. On va lui amener des émotions sympathiques, comme du voyage, et tout cela va permettre de déstresser le patient et de diminuer les médicaments anesthésiant pour en mettre beaucoup moins, voire parfois pas", explique le Dr Bourdin, anesthésiste à la clinique lyonnaise du Tonkin.

Le patient entre comme il sort : debout

Le patient entre au bloc opératoire debout. "On arrive au bloc comme si on allait au cinéma ou à un dîner. C'est plus sympa", ajoute-t-il. Une infirmière anesthésiste accompagne le patient dans ce voyage intérieur pendant l'opération.

"Il faut qu'il y ait un environnement adapté pour le patient avec une présence constante de l'infirmier anesthésiste pendant l'intervention. Nos gestes doivent être le plus doux possible pour ne pas entraîner de douleurs", précise le Dr Vogels, chirurgien. Et le patient va ressortir debout du bloc opératoire.


Une première opération chirurgicale réalisée sous hypnose à la Polyclinique du Parc Rambot - Go Met' Il s’agit d’une première dans la métropole Aix-Marseille Provence : une première chirurgie vient d’être réalisée en totalité sous hypnose à la Polyclinique du Parc Rambot à Aix-en-Provence, comme alternative à l’anesthésie générale. La patiente, âgée de 73 ans et atteinte d’un cancer du sein, a subi jeudi 4 janvier une ablation de ganglions sentinelles.

« Par rapport à l’anesthésie générale, l’hypnosédation, cette technique anesthésique combinant une anesthésie locale, l’administration de calmants et un accompagnement par l’hypnose, présente l’avantage d’éviter les effets des drogues anesthésiantes et facilite la récupération post-opératoire », précise Véronique Vaini-Cowen, chirurgienne gynécologique et mammaire qui a pratiqué l’opération avec les deux médecins anesthésistes, Olivier Ruinet et Frédéric Bourgarel. « La patiente est ravie, ajoute Olivier Ruinet. Elle raconte avoir été dans un état hypnotique : consciente mais dans un demi-sommeil. Ce qui lui permettait de parler tout en s’imaginant être dans son salon, en train de regarder son film préféré. »

Des opérations sous hypnose pour les chirurgies du sein sont désormais programmées chaque jeudi à la Polyclinique. Cette technique est particulièrement recommandée pour les patientes qui nécessitent une récupération rapide ou qui ont une intolérance à l’anesthésie, du fait de leur âge ou de leur pathologie. L’hypnose est également utilisée en post-opératoire à la Polyclinique par Michel Stioui médecin spécialiste du traitement de la douleur. L’établissement a par ailleurs recours à la Resc, la résonance énergétique par stimulation cutanée, avec l’infirmière référente Marie-Christine Vaini-Voisin. Basée sur la propagation d’ondes de son dans les liquides humains, cette technique permet de réduire les doses de médications.

« Ces différentes méthodes permettent à notre établissement de se positionner sur des thérapies complémentaires à la médecine classique, plébiscitées par les patients et leur apportant un meilleur confort et bien-être », conclut Claire Ravier, directrice générale de la Polyclinique du Parc Rambot.
Caroline Albenois

L’hypnose thérapeutique est-elle vraiment efficace ? - L'info durable L’hypnose est une technique de soins de plus en plus utilisée, en psychothérapie mais aussi dans les hôpitaux. Est-elle vraiment efficace ? Les va-et-vient du pendule et la voix de l’hypnotiseur peuvent-ils nous faire perdre la tête ?

Dans le domaine médical, les apports de l’hypnose font consensus. C’est une technique utile pour soulager les patients. Mais d’où viennent ses effets ? Selon l’hypnothérapeute Antoine Bioy, soigner par l'hypnose requiert un apprentissage spécifique, pour permettre au patient de se laisser aller à de nouvelles perceptions. Un point de vue que conteste Stéphane Laurens : selon lui, ce n’est qu’un moyen parmi d’autres d’influencer son interlocuteur. Le folklore autour de l’hypnose ne serait que de la poudre aux yeux…

Antoine Bioy a pratiqué l’hypnose dans le cadre de son métier de psychologue. Il est aussi chercheur et a publié en octobre 2017 un Que sais-je ? consacré à l’hypnose.
L’hypnose peut-elle être thérapeutique ?
L’hypnose agit dans trois dimensions : au niveau de l’état de conscience, de la relation à l’environnement et du ressenti corporel. Elle permet de réécrire sa réalité, notamment lors d’une thérapie. L’indication majoritaire est celle de la gestion de la douleur et de l’anxiété, dans le cas d’une anesthésie ou d’un accouchement par exemple. Ensuite, l’hypnose peut être efficace pour les troubles dits psychosomatiques, comme le syndrome du côlon irritable. Enfin, en psychologie, elle peut aider les patients atteints de phobie, de dépression voire de schizophrénie. Certaines interventions brèves, assez dirigistes, permettent de modifier des éléments simples comme la douleur aiguë ou les nausées. Les prises de médicaments peuvent ainsi être diminuées voire supprimées.

Est-ce que le patient garde le contrôle ?
C’est moins simple que cela. Déjà, il faut avoir son consentement, il arrive que le patient refuse d’emblée. Ensuite, il peut toujours s’arrêter en cours de séance. Mais s’il accepte, le patient donne à son thérapeute le pouvoir d’influencer ses ressentis corporels et ses pensées. L’état hypnotique est une transe, une conscience modifiée. Dans un état de conscience ordinaire, les demandes du thérapeute paraîtraient incongrues voire folles. Il y a donc une diminution du contrôle consentie. Si le patient reste dans un état hypnotique, c’est finalement son choix : il garde son libre-arbitre. L’hypnothérapeute ne peut pas le pousser à agir contre sa volonté.

L’hypnose est-elle un jeu auquel le patient veut bien se prêter ?

Cette théorie, dite du « role playing » (jeu de rôle), date des années 1950. En effet, pour que ça marche, il faut que le patient ait une représentation des comportements hypnotiques avant de les adopter devant son thérapeute. Mais ça n’est pas suffisant pour tout expliquer. Si on demande à des gens de jouer un rôle d’hypnotisé sans rien leur suggérer, ils ne seront pas dans un état hypnotique. Ils doivent être dans une transe. C’est comme les bons acteurs, qui ressentent vraiment les émotions qu’ils jouent. En acceptant de jouer un rôle, ils accèdent à des sentiments nouveaux qu’ils n’auraient jamais ressentis à ce moment-là sans y être invités. De même, l’hypnose crée des activations de conscience différentes.

Stéphane Laurens est chercheur en psychologie sociale. Il est l’auteur de Manipulations et influences : Réalités et représentations à travers deux siècles d’études, publié en mai 2017.
Pour vous, les techniques hypnotiques n’ont pas d’efficacité en elles-mêmes. Pourquoi ?
Elles ont des effets, bien sûr : atténuation de la douleur, obéissance des assistants dans les spectacles… Dans de nombreux cas, l’état hypnotique est activé. Mais la question est celle de la cause. D’où viennent ces effets ? Les gens les attribuent parfois à un pendule, à un point lumineux ou à la fascination, mais ce n’est qu’une croyance. Vous pouvez utiliser tout et n’importe quoi, une boîte de bonbons si ça vous chante, le résultat sera le même. Ce qui compte, c’est le sens que vous mettez derrière le geste. Pour cette raison, n’importe qui peut pratiquer l’hypnose, il suffit de connaître quelques techniques d’influence et de trouver quelqu’un qui se prête au jeu.

L’hypnose est-elle une manipulation ?
C’est avant tout une croyance partagée entre hypnotiseur et hypnotisé. Notre contexte culturel fournit à tous ce qu’est l’hypnose : comment se passe une séance, ses effets… Les participants ont un contrat tacite. Il y aurait manipulation si l’un agissait à l’insu de l’autre, mais ce n’est pas le cas. L’image populaire de l’hypnose est celle d’une personne qui a une emprise sur les autres. En 1890, alors que l’hypnose est à la mode, les législateurs veulent la réserver aux médecins pour prévenir la population d’un soi-disant danger. En réalité, il n’y a pas de danger car pas d’assujettissement. Si l’hypnotisé ne veut pas se prêter au jeu, rien ne se passera.

L’hypnose ne serait-elle donc qu’un leurre ?
Hippolyte Bernheim, le grand spécialiste de l’hypnose de la fin du 19e siècle, a d’abord considéré qu’il existait bien un état hypnotique. Mais 10 ans plus tard, dans un ouvrage intitulé De la suggestion, il écrit : « Il n’y a pas d’hypnotisme, il n’y a que de la suggestion. » Certaines expériences montrent qu’on obtient les mêmes résultats avec un patient hypnotisé qu’avec un patient non-hypnotisé. Si un état hypnotique permet d’induire de nombreux comportements, cela provient seulement d’un processus d’influence consenti de part et d’autre. Cette explication par les croyances partagées explique beaucoup de faits, même si elle est loin d’être parfaite : comment se fait-il que l’hypnose fonctionne sur les lapins ou sur les bébés ?
Hugo Albandea


Formation : Hypnose et Douleur - Avril 2018 - Paris

vendredi 8 décembre 2017 - 15:35
Module de perfectionnement pour les personnes déjà formées à l'hypnose. Dates : 9 au 12 Avril 2018 Ce module est accessible à toute personne déjà formée à l'Hypnose au CHTIP ou dans tout institut de la CFHTB. Les demandes autour du soulagement de la douleur sont les plus importantes auprès des praticiens en hypnose. Nous avons réuni cinq formateurs remarquables qui évoqueront chacun un aspect dont ils ont fait leur spécialité concernant la douleur. 4 jours, 5 praticiens et formateurs nationaux expérimentés, 5 styles différents, 5 aspects fondamentaux de la pratique de l'hypnose pour le soulagement de la douleur. Florent Hamon, Infirmier anesthésiste, présentera des techniques de base pour développer l’analgésie, des exercices et fera part de son expérience chez les brûlés en hypnoanalgésie. 
Intervention : Lundi 9 avril

Mariline Morcillo, Infirmière, nous fera part de son travail en hypnose dans les troubles fonctionnels intestinaux, notamment le syndrome du colon irritable.
Intervention : Lundi 9 avril


Nazmiye Guler, médecin urgentiste nous parlera de "l'Hypnose tout terrain" : Comment soulager les patients en réalisant des séances d'hypnose quelque soit l'environnement ou le niveau sonore aussi bien aux services d'accueil des urgences, dans l'ambulance en SMUR ou bien au téléphone au centre 15.
Intervention : Mardi 10 avril

Catherine Wolff, Médecin Algologue, nous parlera des douleurs chroniques en pratique.
A l'aide d'exemples concrets tirés de la pratique quotidienne et d'exercices, l'objectif de cet atelier est de développer les compétences pour permettre au patient souffrant de douleur chronique de sortir de sa position figée.
Comment créer et renforcer l'alliance thérapeutique, définir des objectifs clairs, mettre en place une stratégie thérapeutique adaptée à chaque patient, en respectant l'approche Ericksonienne.
Intervention : Mercredi 11 avril
Chantal Wood, Pédiatre Anesthésiste, parlera de fibromyalgie, algodystrophie, de l’accompagnement au bloc opératoire, et de l’hypnose avec les enfants.
Intervention : Jeudi 12 avril


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Durée de la formation
4 jours

Prochaine session: 9 au 12 avril 2018

Prérequis
Etre un professionnel de la santé et du soin et être formé à l’hypnose au CHTIP, UTHyL, à l’IFH ou dans un institut de la CFHTB.

Tarifs
*Elèves et adhérents du CHTIP/ UTHyL: 750€
*Internes/ étudiants : 560€
*Professionnels de santé formés à l’IFH ou dans un institut de la CFHTB: 850€
*Convention de formation continue : 1000€

Lieu de la formation
CISP Maurice Ravel
6 avenue Maurice Ravel
75012 PARIS

Salle Terrasse de Bel-Air (niveau -1)

A noter, les repas ne sont pas inclus dans le prix de la formation. Possibilité de déjeuner sur place (self) à vos frais.

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Hypnoscope Octobre/ Novembre 2017 - Actualités Thérapeutiques

mardi 28 novembre 2017 - 12:00
Nasmiye Guler, ouvrir les yeux - La Semaine.fr Deux conférences sur l'hypnose médicale sont données à l'hôtel de ville de Metz au mois de novembre. L'une des deux médecins, intervenantes, Nasmiye Guler est convaincue par cette pratique qu'elle utilise depuis cinq ans aux urgences à l'hôpital Mercy où elle exerce mais également en consultation de thérapie brève.
Elle vient d'assurer une nuit de garde aux urgences. Si les traits sont un peu tirés, le dynamisme est toujours là. Sans doute parce qu'elle aime son métier. Nasmiye enchaîne des semaines qui dépassent souvent les 60 heures de travail.
 
A 42 ans, mariée,  elle élève aussi deux ados de 19 et 15 ans. Une de ces femmes, nombreuses, qui savent jongler sur tous les tableaux de la vie. Urgentiste depuis 15 ans, Nasmiye exerce depuis 7 ans à Mercy. C'est dans son bureau de consultations où les plantes s'épanouissent qu'elle reçoit. Très vite, le tutoiement s'installe. Elle est cash, comme on dit. Et c'est sans doute cela que ses patients apprécient. Cash mais pas dure. Nasmiye a le sens des mots. Un bureau pour une urgentiste ? Bizarre. Depuis 5 ans, elle a ajouté une nouvelle corde à son arc : l'hypnose. « J'y croyais sans y croire. Petite, j'essayais d'hypnotiser ma sœur, cela ne marchait jamais. Quand Sandrine Weber m'en a parlé, en bonne cartésienne, je n'étais pas très pour. Elle était convaincue. Nous nous sommes formées ensemble », raconte Nasmiye.
 
Voilà comment les deux femmes en sont venues à utiliser l'hypnose pour soigner les gens. « L'hypnose fait partie de mes outils thérapeutiques. Elle n'est pas exclusive. Je ne vais pas soigner un infarctus avec. » Nasmiye raconte quelques cas. Une patiente dyalisée rhénale venue pour une réduction de l'épaule qui ne voulait pas subir un lourd suivi médicamenteux. « L'épaule a été réduite en dix minutes sous hypnose. » Avec les enfants, cela marche très bien. Nasmiye les « emmène » dans un univers où ils se sentent bien : le tatami de judo, le terrain de foot. Les petits blessés ne pensent alors plus aux soins qu'ils sont en train de subir mais à leurs exploits sportifs. Elle pratique également « des suggestions d'anesthésie » c'est-à-dire expliquer à un enfant que son bras dort.

Modifier les sensations
« On n'efface pas la douleur, on modifie les sensations. Nous possédons deux aires dans le cerveau qui se déclenchent en cas de douleur. Avec l'hypnose, on agit sur le côté physique », décrit Nasmiye. Dans cette pratique, la notion de confiance est essentielle. Elle constitue le ciment de toute relation médicale. « Les patients nous confient leur corps, ce qui représente un gage de confiance absolue. » Petit à petit, Nasmiye a vu l'hypnose gagner du terrain dans le milieu médical. Aujourd'hui, sur les trente urgentistes que compte le CHR de Mercy, quatre (en plus de Nasmiye et Sandrine) sont formés à cette pratique. Nasmiye communique beaucoup pour dire à ses collègues comme au grand public ce qu'est l'hypnose et surtout mettre en garde contre ceux qu'elle appelle "des charlatans". A l'hôtel de ville de Metz, elle va donner deux conférences « pour démystifier l'hypnose. Dire que cet outil thérapeuthique existe et qu'il peut aider les gens ». Mais seulement s'ils l'acceptent.
 
Lors des consultations qu'elles assurent depuis deux ans, Nasmiye enseigne à ses patients comment reprendre le contrôle de leur corps. Durant quatre à cinq séances, elle leur donne les clés pour qu'ils accomplissent de l'auto-hypnose. A ceux qui lui disent, « vous m'avez sauvé la vie », elle répond « non, vous vous êtes sauvé la vie ». Nasmiye a toujours voulu soigner les gens. Depuis toute petite, elle veut « se sentir utile ». Elle a donc suivi des études de médecine à Nancy avant de se spécialiser dans la médecine d'urgence. En même temps, elle donnait naissance à ses deux enfants.

Tournesols
D'origine turque, elle est née à Farésberviller et a grandi à Saint-Avold. Sur sa carte d'identité, elle ne s'appelle pas Nasmiye mais Nasmine. Il y a eu un souci lors de la rédaction de son acte de naissance. Nasmiye, prénom de sa grand-mère s'est transformé en Nasmine. Mais tout le monde l'appelle Nasmiye. C'est elle, cette femme qui adore les tournesols. Une fleur en mouvement, qui ne s'épanouit qu'au soleil.
Par Aurélia SALINAS
Caen. Séance d’hypnose pour aider les patients à passer une IRM - Ouest France À la clinique Saint-Martin, deux opérateurs en radiologie ont été formés à la communication thérapeutique et à l’hypnose. De quoi aider les patients à surmonter leurs angoisses de l’examen.

Clinique Saint-Martin mardi. Jacques (prénom d’emprunt) est venu passer une IRM. C’est la deuxième fois qu’il tente de le faire. À ses côtés Benoît, opérateur radiologue formé à l’hypnose. Il aide les patients angoissés à l’idée de passer l’IRM à dépasser leur peur.

Jacques est allongé sur le chariot qui doit ensuite glisser vers l’anneau central de l’IRM. Benoît commence par lui parler pour l’apaiser. Il lui demande ce qu’il aime dans la vie. Benoît prend le temps avant de débuter la séance d’hypnose : « Vous serez toujours conscient », le rassure-t-il. Le patient pratique la respiration abdominale. Celle-ci devient moins saccadée et plus tranquille. L’opérateur tente alors une avancée du chariot. Arrête à mi-parcours. Jacques panique. Benoît l’aide à se calmer. Il fait encore une deuxième tentative. Jacques, se retrouve la tête dans l’anneau, pose sa main au-dessus de lui et demande à sortir de là. Malgré le savoir-faire et la patience de Benoît, Jacques ne peut pas. Il est transféré au scanner.

« J’ai suivi une formation de communication thérapeutique plus une formation d’hypnose et douleur aiguë », explique Benoît. « La communication permet de créer l’alliance avec le patient nécessaire à l’hypnose : il faut que la personne soit motivée, coopérative et confiante ». Il précise aussi que l’hypnose n’est pas une finalité « mais un outil en plus pour aider le patient à se remettre dans une conscience positive et ne plus penser au stress de sa maladie, à la peur de l’appareil etc. ». Il sait aussi que certaines personnes sont plus réceptives que d’autres.

« Cela m’a aidé »

C’est au tour de la patiente suivante. Patricia vient de Trouville. Elle entre dans la salle de l’IRM. Benoît lui fait faire le tour de l’appareil. Il plaisante avec elle pour la détendre. Elle se place sur le chariot. Benoît discute avec Patricia, lui demande ce qu’elle apprécie dans la vie. Il débute une séance d’hypnose. La voix est douce et chaleureuse. Elle se détend. Dans sa main, Benoît dispose une poire bouton qu’elle peut actionner si elle souhaite arrêter l’examen. Le chariot s’avance. Benoît rejoint aussitôt la salle de commande de l’IRM. Il continue à lui parler doucement via le micro tout en réalisant les images nécessaires à l’examen de la patiente.

Patricia sort détendue. « J’ai déjà passé une IRM, mais je suis claustrophobe, c’est compliqué à chaque fois ». Quand elle a pris rendez-vous, elle a expliqué sa peur au secrétariat qui lui a proposé une séance d’hypnose avant l’IRM. « Je me suis dit pourquoi pas. Après ça marche ou pas selon les personnes ».  Mais le fait qu’il « me parle m’a déjà rassurée. Et comme il parle presque tout le temps c’est bien ». Elle regrette juste que le son dans le casque « ne soit pas assez fort. Mais cela m’a vraiment aidé ».
Par Nathalie TRAVADON.
L'hypnose combinée à la rééducation pour la prise en charge du SDRC-1 de la main et du poignet - Hypnose-web.com Le syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC-1) est lié à une physiopathologie complexe.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de séances de kinésithérapie sous hypnose pour la prise en charge de ce syndrome.

Vingt patients présentant un SDRC-1 au niveau de la main et du poignet ont été évalués de manière rétrospective : 13 femmes et 7 hommes de 56 ans en moyenne (34–75). Treize patients étaient en phase inflammatoire et 7 en phase dystrophique.

Le critère de jugement principal était l’efficacité, évaluée par la douleur (échelle visuelle analogique [EVA], la consommation d’antalgiques), la raideur (mobilités du poignet et des doigts) et la force (pince et poigne). Les critères de jugement secondaires étaient les scores fonctionnels (QuickDASH, PWRE), la satisfaction du patient, la reprise du travail et les effets indésirables.

Les résultats étaient satisfaisants dans tous les cas après 5,4 séances en moyenne. La douleur évaluée par l’EVA diminuait de 4 points, le score PWRE-douleur de 4,1 points, et la consommation d’antalgique était limitée au paracétamol à la demande. Les amplitudes articulaires étaient toujours augmentées, le score QuickDASH moyen diminuait de 34 points, le score PWRE-fonction de 3,8 points, la force de pince augmentait de 4 points et la force de poigne de 10 points. Quatre-vingt pour cent des patients ont pu reprendre leur travail au même poste. Tous les patients se disaient satisfaits ou très satisfaits.

L’hypnose associée à la kinésithérapie semble être un moyen efficace pour la prise en charge du SDRC-1 main–poignet quelle que soit sa phase évolutive.

Physical therapy under hypnosis for the treatment of patients with type 1 complex regional pain syndrome of the hand and wrist :
Retrospective study of 20 cases

J. Lebon, M. Rongières, C. Apredoaei, S. Delclaux, P. Mansat
Unité d’orthopédie et traumatologie de Purpan, institut de l’appareil locomoteur, CHU de Toulouse, place du Dr-Baylac, 31059 Toulouse cedex, France